‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 1079 sur 1121 · ARVED ET LE CHOEUR · texte numérisé non relu

ARVED ET LE CHOEUR

Enfin | ™ge | voilà de retour

Aux lieux de \ a ] jeunesse.

* sa *

Enfin | ^ } Y0'^ c'e retour- An! pour 1™°' J quel beau jour !

arved, à Dubreuil.

Et mes cousines, où sont-elles?

Et Marie, et puis Malvina?

Donnez-moi donc de leurs nouvelles.

(Se retournant et apercevant Marie.) Qu'ai-je vu! ma sœur, te voilà!

marie, avec joie, courant à Arved.

Il m'a reconnue.

ARVED.

Et sans peines; Ton souvenir ne m'a jamais quitté; Et quoique, hélas ! sur des rives lointaines, Près de vous, mes amis, mon cœur était resté.

CHOEUR

Enfin le voilà de retour, etc , etc., etc. (A la fin de cette reprise, Dubreuil fait signe aux paysans de se retirer. Catherine tes conduit jusqu'à la porte du fond, et se place ensuite à la gauche de M. Dubreuil.)

arved. Voici donc ces lieux que je désespérais de revoir, et auxquels tant de fois j'ai cru dire un éternel adieu; et je reviens, et je suis au milieu de ceux que j'aime! Mon Dieu ! que je suis heureux!

DUBREUIL ET MARIE. Et 110US donc !

Catherine. Ce Gb.ër enfant! combien il a souffert! aussi je le trouve changé.

dubreuil. Il en peut dire autant de nous.

arved. Non; je vous retrouve toujours les mêmes. Nous voilà encore , comme nous étions, il y a trois ans; et maintenant, il ne me semble pas que je sois parti, car rien ici n'est changé, excepté Marie, que je trouve embellie, et beaucoup.

marie. Vraiment, mon cousin?

dubreuil. Que sera-ce donc, quand tu verras Malvina? c'est la beauté du pays, et nous ne manquons pas d'adorateurs, car c'est à qui me la demandera en mariage; mais moi, j'ai mes idées, dont nous parlerons; car tu restes ici quelques jours? tu en as la permission de ton colonel?

arved, souriant. Je n'en ai pas besoin ; je me la suis donnée.

marie, avec joie. Est-ce que tu serais devenu colonel ? arved. Mieux que cela, ma cousine.

dubreuil. Général de brigade?

MALVINA. 295

arved. Vous l'avez dit.

dubreuil. A inoins de trente ans, il serait possible! la belle chose que la guerre! J'ai un neveu qui est général !

marie. Et moi, qui n'ai pas mis d'épaulettes à un seul de ses portraits.

dubreuil. Toi qui, après la bataille de Hanau, n'étais que chef d'escadron !

arved. C'estque, depuisquelque temps, mon oncle, cela a été vite.

dubreuil. J'entends; il y a eu de l'avancement. Et M. Gérard, ton ami, ton lieutenant-colonel, dont tu me parlais dans toutes tes lettres?..

arved. Mort dans un jour de victoire ! mort à Montra irail.

dubreuil. Ah ! mon Dieu ! Et ton brave colonel, qui t'avait prisen amitié, qui te traitait comme son fils?..

arved. Mort à Champ-Aubert!

dubreuil, secouant la tête. Je conçois... je conçois alors que, de chef d'escadron on devienne général en quelques mois (Soupirant.) C'est une belle chose que la guerre, mon neveu Arved ; je crois, malgré cela, que j'aime mieux le commerce; mes commis ne vont pas si vite, mais ils durent plus longtemps. Et toimême?., et ces blessures dont on nous avait parlé?

arved. Ce n'est rien, mon oncle; il en est d'autres plus difficiles à guérir, d'autres plus douloureuses encore pour le cœur d'un soldat ; ces drapeaux étrangers, que, tant de fois, j'avais vus fuir devant nous... Allons, allons, n'y pensons plus; que cette larme soit la dernière que je donne au passé !

dubreuil. Si mon pauvre Edmond .. si ton père était là!..

abved. Vous le remplacerez, mon oncle, vous me tiendrez lieu de ce père que je regrette, et que je retrouve en vous : désormais, nous ne nous quitterons plus. Quand on a vu de près d'aussi grandes catastrophes, toute idée ambitieuse s'éloigne de notre âme, qui n'aspire plus qu'au repos, à la tranquillité; et c'est ici que je les retrouverai. Mon seul désir, maintenant, est dem'établir près de vous, en famille, avec ma femme et mes enfants, que d'avance, je chéris déjà; car tout le long de la route je m'occupais de | leur bonheur, de leur avenir; et j'étais encore avec eux, quand j'ai aperçu de loin les tourelles de votre château.

dubreuil. C'est un présage, et moi, j'y crois ; mais va donc voir, Catherine, si ma fille est prête, et dislui de descendre.

arved. Comment! des cérémonies! je te sais gré, Marie, de n'en avoir pas fait pour moi.

marie. Aussi je suis moins belle.

arved. Oui; mais aussi je t'ai vue plus tôt. (^4 Catherine qui passe auprès de. lui.) Et Chariot, ton fils et mon frère de lait!., et tous mes filleuls?., car j'étais, je crois, le parrain de tout le village.

CATHERINE

Air : Vos maris en Palestine.

Ils n' sont pas tous à leur aise ; La guerr' fait tant d' malheureux !

Aussi, l'année est mauvaise, Et les indigents nombreux.

Les indigents sont nombreux,

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