‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 1120 sur 1121 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

Les précédents; SaINTE-AGNÉS, IRÈNE, ANATOLE.

sainte-agnés, passant entre eux deux, et saisissant la lettre. Non, Madame, c'est moi qui m'en empare. madame de sainte-agnès. Ciel ! mon mari !

MADAME DE SAINTE-AGNÈS

irène. Ma tante qui reçoit des lettres.

anatole, à part. Comment ! encore une !

sainte-agnès. Cette fois, vous n'étiez point forcée de la recevoir, c'est vous-même qui l'acceptiez, qui la demandiez.

d'hérissel. C'est à moi de l'expliquer...

sainte-agnès. Cela suffit, Monsieur, cela passe les bornes. J'ai pu pardonner une première fois, mais une seconde, c'est différent ; et nous allons voir.

MADAME DE SAINTE-AGNÈS. Que faiteS-VOUS?

sainte-agnès, décachetant la lettre . J'ouvre cette lettre pour savoir à quoi m'en tenir.

madame de sainte-agnès. Arrêtez, de grâce, et ne commettez point une indiscrétion inutile; elle n'est point de Monsieur.

sainte-agnès. Et de qui donc?

madame de sainte-agnés. D'Anatole.

Anatole, étonné. C'est la mienne.

irène, avec reproche. Comment, Monsieur?

sainte-agnès, vivement. A d'autres; je n'en crois pas un mot. {Regardant au bas de la lettre.) Si, vraiment. « Anatole d'Hérissel. » {Lisant.) « Vous que « j'aime depuis si longtemps sans oser vous le dire, « pardonnez aujourd'hui une audace que vos bontés « seules ont fait naître.» {S' interrompant.) Vos bontés! à qui cela est-il adressé?

madame de sainte-agnes, vivement. A qui? à Irène, votre nièce.

Anatole, de même. Oui, Monsieur.

irène, sainte-agnès et d'hérissel. 11 serait possible!

sainte-agnès, continuant. « J'ai lu ce souvenir où « mon nom est tracé, où ton cœur s'est trahi. »

madame de sainte-agnès, présentant le souvenir à son mari. Tenez, Monsieur, ce souvenir, le voilà; reconnaissez-vous l'écriture de votre nièce?

sainte- agnês, l'examinant. Oui, vraiment, c'est bien cela; et les phrases les plus tendres.

irëne, d'un air suppliant. Mon oncle, de grâce. {A madame de Sainte-Agnès.) Non, ma tante, ne croyez pas

madame de sainte-agnès. Fi ! Mademoiselle.

irène. Comment, monsieur Anatole, vous avez eu l'indiscrétion...

anatole. Ne m'en accusez pas, puisque je lui dois mon bonheur.

d'hérissel, faisant passer Irène auprès d'Anatole. Ces chers enfants!

sainte-agnes. Mais, ce pauvre d'Hérissel que vous accusiez,,

madame de sainte-agnès. Je croyais que Monsieur était seul capable d'une telle audace; mais je me trompais : tout le monde est sujet à l'erreur.

sainte-agnès. A qui le dites-vous? {A d'Hérissel.) Mais toi qui en convenais.

d'hérissel. Pour te faire plaisir, d'après ce que tu m'avais demandé ce matin.

madame de sainte-agnès. Comment, Monsieur...

sainte- agnès. C'est bien! c'est bien! pas d'autres explications; *' ai décidément un ami et une femme comme on n'en voit pas.

Anatole. Et moi aussi.

irène. Et nous ne savons, ma tante, comment vous en témoigner notre reconnaissance.

madame de sainte-agnès, passant auprès d'Irène. Prouvez-la-moi, ma nièce, en remplissant vos devoirs, en fuyant surtout le monde et ses maximes perverses, et en vous répétant...

d'hérissel. Ce que nous disions ce matin : « Qu'icibas on ne peut répondre de rien, et que la vertu la plus sévèrea souvent elle-même besoin d'indulgence.»

VAUDEVILLE

Air du vaudeville de la Haine d'une femme.

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