SCÈNE XVIII
MADAME DE SAINTE-AGNÉS, D'HÉRISSEL.
d'hérissel. Combien je vous remercie, Madame, de ce que vous voulez bien faire pour votre nièce!
madame de sainte-agnés. Mais, Monsieur...
d'hérissel. C'est moi, maintenant, qui suis votre débiteur; et, pendant que nous sommes seuls, que votre mari n'y est pas, je me hâte de vous faire une restitution.
madame de sainte-agnés. Ah ! Monsieur, qu'avezvous pensé?
d'hérissel. J'ai pensé à vous rendre service, Madame, et pas autre chose; je vous rends cette lettre qui n'a point quitté mon portefeuille.
madame de sainte-agnes. Ainsi, Monsieur, vous ne l'avez point lue?
d'hérissel. Non assurément ; je me suis fait un raisonnement; je me suis dit : «De deux choses l'une : ou j'ai écrit cette lettre, puisqu'une personne de foi l'affirme, et alors je dois savoir ce qu'elle contient; ou je ne l'ai point écrite, ce que je serais assez tenté de croire, et alors je n'ai point le droit de l'ouvrir. » Et c'est à vous d'en faire ce que vous voudrez... Eh bien! vous la refusez?
madame de sainte-agnès. Non, Monsieur; mais avant de la reprendre, je voudrais, et ne sais comment vous expliquer, car vous allez avoir de moi de mauvaises pensées.
d'hérissel. Moi, Madame! je n'ai point le droit d'être sévère ; ce que je réclame, au contraire, c'est votre indulgence. Je suis l'ami de votre mari, et voudrais être le vôtre, si vous m'en jugez digne. (En ce moment, Sainte-Agnes entre par le fond avec Irène et Anatole : mais il leur fait signe de s'arrêter, en voyant d'Hérissel et sa femme en tête-à-tête.)
MADAME DE SAINTE-AGNES. Ah! Monsieur, pOUVCZ-VOUS
en douter? ( Voulant prendre la lettre.) Donnez, donnez, de grâce.