‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 176 sur 1121 · SCÈNE. IJL WALPOLE, LORD HENRI · texte numérisé non relu

SCÈNE. IJL WALPOLE, LORD HENRI

henri, à part. A trois heures... dans la grande galerie... c'est ici !

walpole, l'apercevant. Ah ! te voilà !

henri. Ciel! mon oncle!

walpole. Viens, mon ami, viens à mon aide, viens me conseiller !..

henri. Qu'y a-t il donc? qui vous tourmente encore? walpole. Cette obligation que m'a imposée le roi de lui désigner mon successeur. Jc uis là... je cherche... je ne sais

que résoudre! moi d'abord je les prendrais tous... niais encore faut-il répondre à la confiance du roi, et laisser le pouvoir en des mains qui en soient dignes.

henri. Il y a, grâce au ciel, dans notre pays tant de gens de mérite !

walpole, avec ironie. Tu crois cela!., dis-moi donc lesquels?

henri, regardant autour de lui avec inquiétude. Vous l s connais cz mieux que moi!., mais, à parler franchement, un tel choix entraîne après lui une responsabilité dont à vo re place je craindrais les chances.

walpole. Voilà justement ce qui m'inquiète... me tourmente...

henri. Eh bien ! alors, pourquoi accepter? refusez un pareil honneur, et que Je souverain s'adresse... walpole. A qui ?

henri. Au pays lui-même! il connaît mieux que personne ses véritables jntérê's; et le ministre qu'il lui faut, qui inj convient, il le désignera par ses votes. Laissez-le faire et ne vous en inquiétez pas plus que moi !

WALPOm, se levant. Quoi! vraiment, cela ne te tourmente point ?

henri. En aucune façon.

walpole, lentement, et s'appuyant sur son épaule. Comment... ce pouvoir qui est en mes mains et dont je peux disposer... cela ne te donne pas à rêver... cela ne fait pas naître en toi quelque idée... quelque espérance?..

henri. Aucune!., je ne désire rien, vous le savez... {Regardant toujours.) ou du moins mes vœux ne sont pas là!

walpole. Mais enfin... tu es mon ami, mon neveu. . presque mon fils,., et cette puissance souveraine... cette place si brillante que font le inonde envie... si je te l'offrais1..

henri, Je la refuserais !

walpole, après un instant de sdence. Voilà l'homme qu'il nous faut! honneur... esprit, talents, tout chez lui se trouve réuni !.. et puis enfin un autre moi-même!., et je ne sais pas comment j'hésitais, comment j'allais chercher ailleurs un mérite que j'ai là, chez moi... dans ma famille.

henri. Je vous remercie, mon oncle .. et qu'une telle pensée vous soit seulement venue... c'est plus qu'il n'en faut pour me rendre fier toute ma vie... mais je vous l'ai dit... je ne puis accepter...

walpole. Et pour quelles raisons?

henri, de même, etavec impatience. Ni mon caractère ni mes goûts ne me le permettent !.. je ne pourrais jamais supporter ce fardeau des affaires, trop pesant pour ma jeunesse et mon inexpérience.

walpole, avec joie. 11 n'y a pas de mal, mon garçon, il n'y a pas de mal à cela... ne suis-je pas là? tu n'auras rien à faire... je t'aiderai... je continuerai... sous ton nom.

henri. C'est me combler de vos bontés... mais...

xvalpole. Tu feras ce que tu voudras... ce n'est plus moi, c'est le roi qui se chargera de vaincre tes scrupules.,, il me demande un successeur... je cours lui désigner le plus capable, le plus digne, celui que j'aime.., que je préfère à tous.

henri. Mais, mon oncle.., {Apercevant Cécile,) Dieu ! c'est elle!..

walpole. La comtesse de Sunderland !.. elle vient à propos; tu peux lui annoncer cette nouvelle, je serai eiichanté que madame soit la première à l'apprendre! . Adieu, je passe chez le roi qui m'attend. {Il sc'.ue Cécih, et sort en serrant la main de Henri.)

George, Si vra'nient !.. 0 ciel!., qu'ai-je vu? — Acte 4, scène 8.

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