‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 185 sur 1121 · LORD HENRI, MARGUERITE · texte numérisé non relu

LORD HENRI, MARGUERITE

marguerite, entrant par la porte à droite. Oui, mon père, je vous attendrai ici...

henri, entrant par le fond et apercevant Marguerite. Miss Marguerite... qu'il me tardait de vous voir! je suis d'une joie!., j'éprouve un bonheur...

marguerite. Alors dites donc vite pour que j'en aie aussi ! henri. Il est arrivé depuis ce matin tant de changements, tant d'événements... qu'il vous suffise d'apprendre que dans ce moment j'ai tout pouvoir; j'ai la confiance, j'ai l'amitié du roi... il m'accordera tout ce que je voudrai... alors et sur-le-champ j'ai pensé à vous...

MARGUERITE. A Hloi !..

henri. Ou du moins à celui que vous aimez... c'est la même chose!., j'ai fait venir votre jeune cousin Thomas Kiuston...

marguerite. 0 ciel !

henri. Je lui avais fait avoir hier un emploi... je lui en donne un aujourd'hui bien plus beau... bien plus sûr... je le place près de moi à la chancellerie... et si vous aviez vu sa reconnaissance et surtout son étonnemeiit, car il ne peut se douter d'où lui vient sa fortune !..

marguerite, à part. Je crois bien!

henri. Maintenant que vous voilà riche, lui ai-je dit, que votre avenir est assuré... ne songerez-vous pas à quelque établissement?..

marguerite. Grand Dieu!..

henri. Ne craignez rien!., je ne me serais pas permis un seul mot qui aurait pu vous compromettre!., mais c'est lui-

L'AMBITIEUX

même qui, s'adressant à moi comme à son protecteur, m'a donné à entendre qu'il avait des vues sur une jeune fille, sa parente, sa cousine, dont le père venait d'être nommé membre de la chambre des communes... c'est clair, je le pense; et sans trahir un secret que votre tendresse avait confié à mon amitié... je l'ai engagé à ne pas se rebuter... à se présenter encore!..

marguerite. 0 mon Dieu !

henri. Il va venir... (La regardant avec tendresse.) Et en vérité, Marguerite, je le trouve bien heureux... je trouve qu'il n'ya personneau monde qui ne doive envier son sort... car maintenant le voilà sûr du consentement de votre père... Sa nouvelle fortune... ma protection... et puis la vôtre...

marguerite, avec embarras. Je ne sais... je doute encore que mon père. . ,

henri. Il le faudra bien... je saurai l'y contraindre...

marguerite. C'est trop de bontés .. c'est trop vous occuper de moi .. vous d'abord!., vous avant tout!., vous ne me parlez pas de ce qui vous est arrivé... de cette entrevue, de ce rendez -vous qu'on vous avait demandé!..

henri. Ah! vous allez partager mon bonheur!., et il m'est d'autant plus doux... qu'il y a dans notre destinée comme une sympathie secrète... qui fait que nous sommes heureux ou malheureux ensemble... je suis comme vous... je suis aimé!..

marguerite. 0 ciel !

henri. Oui, elle m'aime... oui, je ne peux en douter... et si des obstacles, si un secret que je dois respecter l'empêchent en ce moment de me donner sa main... je suis sûr du moins que ce mariage est maintenant l'objet de ses vœux... Je viens de lui écrire pour presser encore cet heureux instant... et bientôt, je l'espère, rien ne s'opposera à notre union, pas plus qu'à la vôtre... je vais attendre sa réponse... et je vous retrouverai chez ma sœur lady Juliana , n'est-il pas vrai?.. Adieu, Marguerite, adieu !.. gardez bien mon secret. (Il sort.)

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