MARGUERITE, NEUBOROUG, GEORGE, HENRI, WAL- POLE
george , qui est entré en rêvant , descend lentement le théâtre; il aperçoit Neuboroug qu'il salue affectueusement. Pardon, mon cher Neuboroug, de vous avoir quitté tout à l'heure aussi brusquement. Croyez qu'en tout temps notre royale protection saura reconnaître votre zèle, vos conseils; et malgré nos inutiles tentatives auprès de votre ami!..
walpole, s'avançant. Mais, sire...
george. Il suffit, Walpole! je n'insiste plus, et mon choix est décidément arrêté. (Après un instant de silence et se tournant vers Henri.) Lord Henri ! j'ai eu des torts envers vous !
henri, s'inclinant. Ah! sire!..
george, avec intention. Envers d'autres epeore!.. je veux tâcher de les réparer... Le comte de Sunderland quitte aujourd'hui l'Angleterre; il part avec toute sa famille pour nos Étals de Hanovre, dont je l'ai nommé gouverneur général.
henri. Je reconnais là mon roi!
george. Quant à vous, Milord... nous avons Iule rapport que vous nous avez fait sur la situation actuelle du royaume et sur la guerre avec l'Espagne. Convaincu désormais de vos talents comme nous l'étions déjà de votre loyauté et de votre franchise, nous voulons récompenser en votre personne les longs et glorieux services de votre oncle, et puisqu'il persiste à quitter le pouvoir, puisqu'à notre grand et légitime regret rien ne peut le retenir à la cour, c'est vous qu'à sa place nous nommons premier ministre. (Walpole fait un geste de colère qu'il réprime aussitôt.)
NEUBOROUG. 0 ciel !..
henri, jetant un coup d'ceil sur son oncle et s' adressant au roi. Je supplie votre Majesté de ne pas m'en vouloir... mais bien décidément, sire, je refuse.
walpole, vivement. Est-il possible!..
henri, lui prenant la main, et à voix- basse. Oui, mon oncle, pour que vous m'aimiez toujours... (S'adressant au roi.) Je refuse, sire, dans votre intérêt, car, grâce au ciel, pour remplir cette place, je puis vous offrir mieux que moi !
george. Que dites-vous?..
henri. J'ai depuis ce matin tant prié, tant supplié mon oncle, qu'il veut bien encore s'immoler au salut de l'État; il renonce au repos qu'il désirait, il retire sa démission, et consent à rester aux affaires.
GEOuGE. H serait vrai !.. et c'est à vos instances que je dois un pareil sacrifice !. . (Passant près de Walpole.) Mon cher Walpole, je n'oublierai jamais une telle preuve d'amitié et de dévouement!
walpole. Votre Majesté l'exige!., il faut donc reprendre cette chaîne que j'espérais et que je ne peux briser.
neuboroug, qui a passé près de lui, à droite du spectateur. Mais, mon cher ami, tu n'y penses pas... je te jure qu'avant un an tu en mourras!
walpole. C'est possible!.. (A part.) Mais je mourrai ministre !..
fin de l'ambitieux.
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ÉPILOGUE EN VAUDEVILLES Représenté, pour la première fols, a Paris, sur le théâtre des Variétés, le 5 août 1819