‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 212 sur 1121 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

KOLLER, assis à droite; du même côté, des grands du royaume, des militaires, des employés du palais, des solli-

citeurs, avec des pétitions à la main, attendant le réveil de Struensée, BERGHEN.

koller, regardant à gauche. Qjelle solitude dans les appartements du roi! (Regardant à droite.) Et quelle foule à la porte du favori! En vérité, si j'étais poëte satirique, ce serait une belle place que la mienne! capilaine des gardes dans un palais où un médecin est premier ministre, où une femme est roi, et où le roi n'est rien! Mais patience ! (Pre-

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riant un journal qui est sur la tahle à côté de lui.) Qu n qu'en dise la Gazette de la cour, qui trouve cette combinaison admirable. {Lisant bas..) Ah! ah! encore un nouvel édit. (Lisant.) « Copenhague, 14 janvier 1 772. Nous, Christian VII, « par la grâce de Dieu roi de Danemark et de Norvège, « avons confié par les présentes à Son Excellence le comte « de Slruensée, premier minisire et président du conseil, le « sceau de l'État, ordonnant que tous les actes émanés de « lui soient valables et exécutoires dans tout le royaume sur « sa seule signature, même quand h nôtre ne s'y trouve- « rait pas! » Je conçois alors les nouveaux hommages qui ce matin entourent le favori : le voilà roi de Danemark; l'autre a tout à fait ahdfqué ; car, non content d'enlever à son souverain son autorité, -son pouvoir, sa couronne, Struensée ose encore... Allons, l'usurpation est complète. (Entre Berglien.) Ah! c'est vous, mon cher Berghen.

berohek. Oui, colonel. Vous voyez quelle foule dans l'antichambre !

koller. Ils attendent le réveil du maître.

eehghen . Qui du matin jusqu'au soir est accablé de visites.

kuller C'est trop juste! il en a tant fait autrefois, quand il était médecin, qu'il faut bien qu'on lui en rende à présent qu'il est ministre. Vous avez lu la Gazette de ce matin?

belguen. Ne m'en parlez pas. Tout le monde en est révol. é; ce t une horreur, une infamie.

un huissier, sortant de l'appartement à droite. Son Excellence le comte Slruensée est visible.

berghen, à Koller. Pardon ! (Il s'élance vivement avec la foui'-, et entre dans l'appartement à droite .)

koller. Et lui aussi! il va solliciter! Voilà les gens qui obtiennent toutes les pl ices, tandis que nous autres nous avons beau nous mettre sur les rangs; aussi, morbleu ! plutôt mourir que de rien leur devoir! je suis trop fier pour cela. On m'a refusé quatre fois, à moi, le colonel Koller, ce grade de général que je mérite, je puis le dire, car voilà dix ans ipae je le demande; mais ils s'en repentiront, ils apprendront à me connaître, et ces services qu'ils n'ont pas voulu acheter, je les vendrai à d'autres. (Regardant au fond du théâtre.) C'est la reine-mère, Marie-Julie; reine douairière, à son âge, c'est de bonne heure, c'est terrible, et plus que moi encore elle a raison de leur en vouloir.

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