JEAN, MARTHE
jean, paraissant au fond, à la porte de ta boutique, pendant que le comte monte l'escalier. Les voici, les voici... c'est superbe à voir, un cortège magnifique... les chefs des corporations avec leurs bannières, et puis de la musique. (On entend une marche triomphale, et l'on voit paraître la tête du cortège, qui se range au fond du théâtre, dans la rue, en face de la boutique.) Où donc est notre maître? là-haut, sans doute. (Courant à l'escalier.) Notre maître, descendez donc... on vient vous chercher... m'entendez-vous?
marthe, paraissant sur l'escalier avec deux garçons de boutique. Et qu'est-ce que tu as encore à crier?
jean. Je crie après notre maître.
marthe. Il est en bas.
jean. Il est en haut.
marthe. Je te dis que non.
tout le peuple, en dehors. Vive Burkenstaff ! vive notre chef!
jean. Et il n'est pas là... et on va crier sans lui... (Aux deux garçons de boutique qui sont descendus.) Voyez, vous autres... parcourez la maison...
le peuple, en dehors. Vive Burkenslaff!.. qu'il paraisse !.. qu'il paraisse !. .
jean, à la porte de la boutique et criant. Dans l'instant...
BERTRAND ET RATON
on a clé le chercher, on va vous le montivr. (Parcourant le théâtre'.) Ça me fait mal... ça me fait bouillir le sang...
plusieurs garçons, rentrant par la droit'-'. Nous ne l'avons pas trouvé.
d'autres garçons, redescendant le magasin. Ni moi non plus... il n'est pas clans la maison.
i.e peuple, en dehors, avec des murmures. Burkenstaff !.. Burkenstaff!..
Jean. Voilà qu'on s'impatiente, qu'on murmure; et après avoir crié pour lui, on va crier après lui... Où peut-il être?
Marthe. Est-ce qu'on l'aurait arrêté de nouveau ?
jean. Laissez donc! après les promesses qu'on nous a faites. (Se frappant le front.) Ah! mon Dieu!., ces soldais que j'ai vus rôder autour de la maison... (Courant au fond.) Et la musique du triomphe qui va toujours!.. Taisezvous donc... Il me vient une idée... c'est une horreur... une infamie !..
marthe. Qu'est-ce qui lui prend donc?
jean, s'adressantà une douzaine de §em du peuple. Oui, mes amis, oui, on s'est emparé de notre maître... on s'est assuré de sa personne ; et pendant qu'on vous trompait par de belles paroles... il était arrêté... empris mué de nouveau... A nous, mes amis!
le peuple, se précipitant dans la boutique en brisant les vitrages du fond. Nous voici!.. Vive Burkenstaff!.. notre chef... notre ami...
marthe. Votre ami... et vous brisez sa boutique!
jean. Il n'y a pas de mal! c'est de l'enthousiasme! et des carreaux cassés... Courons au palais!
tous. Au palais ! au palais!
rantzau, paraissant (tu haut du l'escalier., et regardant ce quisepasse.k labonne heure, au moins... cela recommence.
tous, agitant leurs bannières et leurs bonnets. A bas Struensée ! Vive Burkenstaff! qu'on nous le rende. ! Burkenstaff pour toujours! (Tout le peuple sort en désordre avec Jean. Marthe tombe désespérée dans V- fauteuil qui est près du comptoir, et Rantzau descend lentement l'escalier en se frottant les mains de satisfaction.)
FIN DU DEUXIÈME ACTE