de montlucar. Ces chers amis
agathe. Il y avait même M. Dutillet...
m. de montlucar. Mon éditeur!
agathe. Qui criait plus fort que les autres: «Auprès de lui, Montesquieu n'est qu'un garçon de bureau ! »
m. de montlucar. Il faut pardonner quelque chose^à la chaleur d'une amitié... qui peut se tromper... mais qui du moins se trompe de bonne foi,.. Et monsieur votre pere, que disait-il?
agathe, naïvement. Il ne disait rien.
m. de montlucar. C'est son usage !.. un homme grave qui ne se prononce pas légèrement!
agathe. Et puis peut-être est-il comme moi, et n'a-t-il pas lu l'ouvrage! cependant il l'a sur sa table... il l'a acheté.
m. de montlucar, gravement. On l'achète beaucoup.
zoé, à Agathe, vivement. Non, vraiment, c'est mon mari qui le lui a envoyé.
m. de montlucar. C'estvrai!.. j'ai eu cet honneur... Et votre belle-mère, que disait-elle?
agathe. Oh! c'est différent... elle parlait beaucoup... elle s'écriait: «Voilà unhomme qu'il faut nommer à l'Académie des sciences morales et politiques... c'est là sa place. »
m. de montlucar, vivement. En vérité!., quelle femme!., quel goût!., quel tact!.. (A Agathe.) Et puis... achevez.
un domestique, entrant par la porte à gauche. On demande à parler à Monsieur, à l'instant!
m. de montlucar, avec impatience . Eh bien! qu'on attende!., je ne suis pas un homme en place... je ne me dois pas au public... je ne me dois à personne... je suis libre, indépendant.
le domestique. C'est M. le docteur Bernardet.
m. de montlucar, à part. Ah! un des nôtres! un ami... j'y vais... qu'il ne s'impatiente pas! Pardon, Mademoiselle, je vous laisse avec ma femme ! (Il sort en faisant signe à sa femme, qui veut le retenir, de rester près d'Agathe.)