SCÈNE VIII
ZOÉ, CÉSARÏNE, EDMOND.
zoé, àpart. Imprudente ! elle s'en va! Ne les quittons pas, ou tout est perdu. (Elle va s'asseoir près de la table et reprend son ouvrage.)
césarïne, retournant et apercevant Zoé. Comment, elle travaille! moi qui lui supposais de l'esprit! (Après un instant de silence, voyant Zoé qui travaille toujours sans lever les yeux.) Ma chère Zoé...
zoé. Madame...
césarïne, à demi-voix. Il faut absolument que je. lui parle sur cette députation et les chances qu'il peut avoir...
zoé. Vous ayez raison ; parlons de lui.
césarïne. Cela va bien vous ennuyer!
zoé. Du tout; je n'ai rien à faire.
césarïne, à part. Elle ne comprend donc pas !
zoé. Vous m'avez promis des leçons, et j'apprends en vous écoutant.
in domestique, entrant. Monsieur de Montlucar.
zoé, à part. Qu'il soit Je bienvenu !
césarïne, à part. Allons... ce n'est pas assez de la femme, il faut encore le mari. (Avec impatience.) Je n'y suis pas! je ne puis pas recevoir !
le domestique. Il ne veut dire qu'un mot à Madame.
césarïne, vivement, à Zoé. C'est différent; voyez ce que veut votre mari; demandez-lui...
zoé, interdite. Moi !..
césarïne. C'est tout naturel. (Au domestique.) Conduisez Madame;.. Allez, ma chère amie, ne le faites pas attendre; c'est peut-être important.
zoé, troublée. En vérité, je ne sais sj je dois... césarjne. Et pourquoi donc?
zoé, montrant Edmond. Je suis sûre qu'il va vous dire des choses si extravagantes que je fèrais mieux de rester... dans yotre intérêt...
césarïne. Ne songez qu'à ceux de votre mari ; vous êtes trop bonne. Allez donc... (D'un ton impérieux.) Je vous en prie.
zoé, àpart. Ah! je reviens sur-le-champ! (Elle sort avec le domestique, et Césarine redescend à droite du théâtre.)