CÉSARINE, BERNARDET
césarine, entrant vivement. Tenez, tenez, docteur, voici une lettre détaillée que j'écris au ministre. Sonnez, qu'on la porte à l'instant même; allez vite, et peut-être sera-t-il encore temps.
bernardet, prenant la lettre et la déchirant en plusieursmorceaux. Non, Madame, il n'est plus temps.
césarine. Que faites-vous? perdez-vous la tète?
bernardet. Il n'est plus temps de m'abuser ; je sais tout.
césarine. Vous ne savez rien! Et mon mari, où est-il?
bernardet, avec colère. Parti avec Edmond, parti pour les élections, et c'est moi qui l'y ai décidé !
césarine. 0 ciel !
bernardet, avec ironie. Vous triomphez!
césarine, désespérée. Au contraire !.. Qu'avez-vous fait?.. Vous nous perdez' bernardet. A d'autres ; on ne me trompe pas deux fois ! césarine. Écoutez-moi...
bernardet. Mais grâce au ciel, je puis encore vous faire repentir de votre trahison ; je puis renverser M. de Varennes. césarine, avec joie. Est-il vrai?
bernardet. Je cours an collège électoral... je dévoilerai tout haut les manœuvres, les intrigues que l'on a failjouer... car il y en a eu... je le sais... j'en ai les preuves.
césarine. C'est bien !
bernardet. Je les donnerai même, s'il le faut.
cés-arine, l'encourageant. C'est bien... c'est ce que je veux.. . c'est ce que je demande.
bernardet. Vous.,, je ne votls crois plus!
césarine. N'importe!., allez... allez donc... partez vite... je vous en prie'..^ je vous en conjure.
bernardet. Et vous serez satisfaite, car j'y vais à l'instant.
LA CAMARADERIE