‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 307 sur 1121 · CÉSARINE, BERNARDET · texte numérisé non relu

CÉSARINE, BERNARDET

césarine, entrant vivement. Tenez, tenez, docteur, voici une lettre détaillée que j'écris au ministre. Sonnez, qu'on la porte à l'instant même; allez vite, et peut-être sera-t-il encore temps.

bernardet, prenant la lettre et la déchirant en plusieursmorceaux. Non, Madame, il n'est plus temps.

césarine. Que faites-vous? perdez-vous la tète?

bernardet. Il n'est plus temps de m'abuser ; je sais tout.

césarine. Vous ne savez rien! Et mon mari, où est-il?

bernardet, avec colère. Parti avec Edmond, parti pour les élections, et c'est moi qui l'y ai décidé !

césarine. 0 ciel !

bernardet, avec ironie. Vous triomphez!

césarine, désespérée. Au contraire !.. Qu'avez-vous fait?.. Vous nous perdez' bernardet. A d'autres ; on ne me trompe pas deux fois ! césarine. Écoutez-moi...

bernardet. Mais grâce au ciel, je puis encore vous faire repentir de votre trahison ; je puis renverser M. de Varennes. césarine, avec joie. Est-il vrai?

bernardet. Je cours an collège électoral... je dévoilerai tout haut les manœuvres, les intrigues que l'on a failjouer... car il y en a eu... je le sais... j'en ai les preuves.

césarine. C'est bien !

bernardet. Je les donnerai même, s'il le faut.

cés-arine, l'encourageant. C'est bien... c'est ce que je veux.. . c'est ce que je demande.

bernardet. Vous.,, je ne votls crois plus!

césarine. N'importe!., allez... allez donc... partez vite... je vous en prie'..^ je vous en conjure.

bernardet. Et vous serez satisfaite, car j'y vais à l'instant.

LA CAMARADERIE

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