‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 354 sur 1121 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

LUCIE, ROSE, LOLIVE.

Lucie. Rose, Rose, je te cherchais; Edouard n'a pas encore paru?

rose. Non, Mademoiselle.

lucie. Quelle est cette personne avec qui tu causais? louve, bas, û Rose. Présente- moi donc. rose. Mademoiselle, c'est le jeune homme dont je vous ai )arlé à Bordeaux.

LE MENTEUR VÉRIDIQUE

lucie. Ah! j'entends, monsieur Lolive; je t'en fais compliment; mais si votre mariage doit se célébrer le même jour que le mien, je crains bien que vous n'attendiez encore.

rose. Et pour quelle raison?

i.ucie. Je suis au désespoir, mon père veut rompre avec Edouard.

lolive, bas, à Rose. Ah! mon Dieu ! et nos mille écus?

rose. Cela n'est pas possible; même famille, môme for^ tune, c'est un mariage trop convenable, et monsieur votre père n'oserait pas.

lucie. Aussi, ne vient-il à Paris que pour chercher un prétexte.

rose. Il n'en trouvera pas; M. Édouard est un jeune homme charmant.

Air des Maris ont tort.

Plein de raison et d'imprudence, Plein de folie et de bonté, Souvent il donne à l'indigence L'argent qu'il gagné à l'écarté.

Rendre service est sa méthode; Enfin chez lui sont confondus Les défauts qui sont à la mode Et les vertus qui n'y sont plus.

lucie. Oui; mais puisque tu parles de ses défauts, il en est un que jusqu'ici j'avais su cacher à mon père, et auquel il ne pardonne pas; un négociant comme lui, qui a toute la droiture, et même la rudesse d'un ancien marin, estime avant tout la franchise, et M. Édouard est sans doute un fort aimable jeune homme; mais, soit étourderie, soit distraction, il a contracté l'habitude de ne jamais dire un mot de vérité.

lolive. J'y suis; il a beaucoup voyagé.

rose. Non; mais d'abord il est de Bordeaux!

lolive. Je comprends; l'influence du sol natal.

rose. Et puis, voilà six mois qu'il est à Paris.

lolive. Et c'est là que tout se perfectionne.

lucie. Enfin, mon père m'a déclaré qu'au premier mensonge bien avéré, bien prouvé, tout serait rompu.

lolive. Allons donc, on voit bien que monsieur votre père est aussi du pays, et son projet est une plaisanterie, une gasconnade; vouloir empêcher un jeune homme à la mode de mentir! autant vaudrait faire remonter la Garonne vers sa source.

lucie. C'est ce que vous ne ferez jamais comprendre à mon père, et je ne sais comment prévenir Édouard.

rose. Je vais l'attendre ; il loge ici dessus dans le même hôtel; et avant qu'il entre chez monsieur votre père, je le préviendrai de prendre garde à lui, et de n'annoncer rien que d'officiel, si c'est possible.

lucie. Tais-toi donc! on parle dans la chambre de mon père, j'ai reconnu la voix d'Édouard.

rose. Il aura passé par l'autre escalier.

lucie. Tout est perdu! et s'il a causé avec mon père, je parie que déjà... 11 y attache si peu d'importance qu'il ment par habitude et sans y penser.

rose. Alors le coup de maître serait d'empêcher M. Franval de s'apercevoir de ses petits écarts; qu'est-ce que cela nous fait qu'il mente, pourvu que votre père ne s'en doute pas?..

louve. Elle a raison; ceci est beaucoup plus facile : et si Mademoiselle veut me donner plein pouvoir sur lui...

lucie. Ah! si vous parvenez à cacher son défaut à mon père, ma reconnaissance... Vous pensez bien qu'une fois mariée, je suis sûre de le corriger. s:uis cela ..

LOUVE. Cela va sans dire; il ne faut pas que M. Édouard me voie; mais si je pouvais l'entendre, et prendre une idée de son caractère. .

rose, monlrantle cabinet, à droite. Eh mais! ce cabinet...

11 a précisément un escalier dérobé sur la cour. On vient, entre vite.

lolive.

Air de la Nouvelle téliijrip!dq.:c.

Ne craignez rien,

Tout ira bien, Et par mes soins j'espère

Le dégager,

Le protéger, Au moment du danger.

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