‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 367 sur 1121 · FRANVAL, M. DE SAINT-MARCEL · texte numérisé non relu

FRANVAL, M. DE SAINT-MARCEL

m. de saint-marcel. C'est à monsieur Franval que j'ai l'honneur de parler? enchanté, Monsieur, de vous trouvera Paris ; je ne vous connaissais que de réputation, et d'après les récits de mon vieux camarade, M. de Sainville, qui, dans toutes ses lettres, me parlait de vous et de son fils Edouard.

franval. Vous êtes un ami de M. de Sainville?

M. de saint-marcel. Son plus ancien et son meilleur ami , M. de Saint-Marcel.

franval. Comment, monsieur le comte, vous vous donnez le peine de venir nous voir; c'est moi qui aujourd'hui même voulais vous faire ma visite, pour vous remercier de toutes les bontés dont vous avez comblé mon gendre.

m. de saint-marcel. Des bontés!., il me semble que je n'ai encore rien fait pour lui ; mais c'est sa faute : j'apprends hier par ma femme, madame de Saint-Marcel, qu'il était à Paris : et comment l'a-t-ellc ru? au bal de l'Opéra.

franval. Au bal de l'Opéra !

m. de saint-marcel. Oui. Sans Edouard, qui pourtant ne la connaissait pas, la comtesse se trouvait compromise dans La plus sotte affaire...

LE MENTEUR VÉRIDIQUE

franval. Qu'est-ce que vous dites là? comment! depuis trois mois...

m. de saint-marcel. Je ne l'ai pas vu une seule fois; et j'ai reçu avant-hier de son père une lettre qui me paraissait une énigme : il se plaignait de ce que son fils n'avait pas encore obtenu une recette à Marseille. Que diable ! quand on veut obtenir, on demande; moi, je ne pouvais pas deviner, et je venais exprès pour lui faire une querelle.

franval. Parbleu ! j'en ai bien d'autres à lui faire. Comment ! Monsieur, Edouard de Sainville ne va pas habituellement chez vous?

m. de saint-marcel Non, Monsieur.

franval. Je ne dis pas à Paris, mais à votre petite maison de campagne.

m. de saint-marcel. Ma maison de campagne! je n'en ai pas.

franval. Soit; mais un pied-à-terre à Saint-Ouen, une vue magnifique... une salle de billard.

m. de saint-marcel. Je suis très-maladroit, et je n'y joue jamais.

franval. J'aurais dû m'en douter. Imaginez-vous, Monsieur, un système de mensonges tellement compliqué, tellement combiné, que maintenant je ne peux pas m'y reconnaître. Mais, vous voilà, vous m'aiderez à le confondre; et bien certainement il n'aura pas ma fille.

m. de saint-marcel. Y pensez-vous? moi qui me faisais une fête de lui offrir mon présent de noce.

franval. H ne sera pas mon gendre.

m. de saint-marcel. Mais votre parole?

franval. Je la retire, et il n'a pas droit de se plaindre. Je l'ai prévenu qu'au premier mensonge que je pourrais prouver, tout serait rompu. Je suis trop heureux de vous avoir rencontré, et nous allons voir comment il soutiendra votre présence. Le voici ; je vous prie de ne pas vous nommer.

m. de saint-maucel, à part. Et moi qui venais pour le remercier d'un service.

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