‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 368 sur 1121 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Les précédents, ÉDOUARD, LUCIE, ROSE.

édouard, Parbleu! vous êtes tous d'aimables convives; vous, beau-père, vous nous quittez au milieu du déjeuner, et un instant après, milord disparaît à la seconde bouteille de Champagne.

rose. Quelqu'un le demandait.

édouard. Ah ! oui : peut-être quelque jeune homme qui était dans l'embarras ; car je suis forcé de convenir qu'il est fort obligeant; il rend service, et sans intérêt; c'est beau, dites donc, beau-père ! Qu'est-ce que nous faisons ce matin ?

franval. J'avais envie de sortir; mais voici une visite qui nous arrive : un ami de la famille.

ÉDOUARD, à M. de Saint-Marcel. Pardon; je n'avais pas eu le plaisir de voir Monsieur. Monsieur est de Bordeaux ?

franval. Justement.

édouard. Je l'aurais parié; nous autres gens du Midi, nous avons un air de loyauté, de franchise. Si Monsieur est pour quelque temps à Paris, je me ferai un plaisir de lui servir de guide, de conducteur. Je vous en prie, ne vous gênez pas avec moi; dès que vous êtes l'ami du beau-père...

m. de saint-marcel, à Franval. Je vous fais compliment, Monsieur; votre gendre me paraît un aimable garçon.

franval, bas, à M. de Saint-Marcel. Attendez, attendez. (j4 Édouard.) Il faut te dire, mon ami, que Monsieur est ici pour solliciter, et aurait besoin de M. de Saint-Marcel.

édouard" Tant mieux. On dit que c'est un homme juste et impartial, dont tout le monde s'accorde à faire l'éloge.

franval. Oui. Mais toi, qui le connais intimement, ne pourrais-tu, par ton crédit...

édouard. Ah! certainement; et j'aurai l'honneur de lui présenter Monsieur. Vrai, vous en serez content... Un homme charmant, qui, sans me vanter, me veut du bien.

franval, riant. Hein!

m. de saint-marcel, bas, à Franval, en riant. Eh mais! jusqu'à présent, je trouve qu'il dit vrai.

édouard. Et d'une gaieté... Ce n'est pas lui qui m'aurait laissé seul à table, comme vous l'avez fait. Tenez, hier encore, nous avons déjeuné ensemble chez lui.

franval et m. de saint-marcel. Vous avez déjeuné...

édouard. Oui; nous étions à côté l'un de l'autre.

franval. Il faut donc que depuis hier il soit bien changé.

édouard. Pourquoi cela?

franval, montrant M. de Saint-Marcel. C'est que le voilà, et que tu ne l'as pas reconnu.

édouard, surpris, M. de Saint-Marcel !

rose, à part. C'est fait de nous.

lucie, de même. Tout est perdu.

édouard, se remettant sur-le-champ. Comment ! c'est là M. de Saint-Marcel !.. Je suis désolé, mais je n'ai pas l'honneur de reconnaître...

franval. Je le crois bien; mais il n'en est pas moins vrai que c'est lui.

édouard. Permettez donc, beau-père, je ne dis pas le contraire; mais ce n'est pas avec monsieur que j'ai déjeuné hier, voilà l'exacte vérité. Vous expliquer comment cela se fait, je l'ignore; mais à moins qu'il n'y ait dans Paris plusieurs Sai nt- Marcel. ..

m. de saint-marcel. Je n'en connais pas d'autre que Théodore de Saint-Marcel, mou frère, qui est au ministère des affaires étrangères.

édouard. Précisément; c'est chez lui sans cloute que j'ai été présenté, et c'est avec lui probablement que j'aurai déjeuné hier.

m. de saint-marcel. Je le croirais assez sans une petite difficulté, c'est que depuis trois mois il est en Angleterre.

édouard, à part. Ah! diable! (Haut.) Il sera donc revenu secrètement ; car hier il était à Paris.

franval. Il n'y était pas.

édouard. Il y était.

franval. Eh bien! mon garçon, j'oublie tout, si tu peux me prouver celui-là.

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