JOSÉPHINE, GEORGINA, PAMÉLA, M1ML GOGO, ADRIENNE, TOINETTE
TOUTES
Am : Monsieur Champagne.
Dieux! qu'ai-je appris, quelle triste nouvelle! Eh quoi! Julien, nous dit-on aujourd'hui, Perd sa fortune, et tu perds un mari, (bis.)
JOSÉPHINE
Il est trop vrai, la nouvelle est fidèle.
TOUTES
Ah! que je la plains de bon cœur!
Etre si près de sou bonheur, Et se trouver sans épouseur!
LES GRISETTES
georgina. (Test d'autant plus malheureux, que maintenant nous ne pouvons plus nous associer ensemble.
Joséphine. 11 nie semble au contraire que c'est une raison de plus.
georgina. Non. Je viens de recevoir une lettre de mon jeune négociant, qui maintenant est un milord; il ne me l'avait pas dit par délicatesse ; par exemple, il ne peut pas me conduire ce soir à Tivoli, parce que sa famille doit arriver par le paquebot.
m nui, riant. Par le paquebot. [Pendant cette scène, elles achèvent leur toilette. Paméla met son chapeau, Mimi fait attacher sa ceinture par Joséphine, Gogo et les autres arrangent leur coiffure devant la psyché.)
georcina. Oui, Mesdemoiselles, et elle apporte le consentement à mon mariage; ainsi, demain ou après, je peux me trouver milady.
mimi. Si cela arrive, j'en mourrai de chagrin !
georgina. Ne croyez pas pour cela que j'en sois plusfière; vous pouvez être sures, mes chères amies, qtte je ne vous oublierai pas, et quand je viendrai à Paris, e'est vous qui me ferez toutes mes robes; par exemple, mademoiselle Mimi, je vousrecommanderai de les coudre plussolidementque vous ne faites d'ordinaire.
Miiir. C'est à n'y pas tenir!
Les précédentes, ANASTASE.
anastase. Eh bien! Mesdemoiselles, sommes-nous prêtes? partons. Voici la charmante Paméla!
paméla , saluant. C'est monsieur Anastase, l'ami d'Auguste.
georgina, n'avançant . Dieux! qnevois-je? mon milord!
anastase. Ma comtesse en tablier noir!
paméla, à Georgina, en montrant Anastase. Quoi! c'est là votre conquête?., ah! que je suis contente!
mimi. Et ses robes qui étaient déjà commencées. Dieux! allons nous en découdre!
Joséphine. Mais tais-toi donc.
anastase, regardant Georgina. Admirable!1 eh bien! ma foi, je l'aime autant. Je renvoie ma famille par le paquebot ; et si la main d'un maître clerc peut vous être agréable, je vous l'offre mais seulement pour danser ce soir à Tivoli.
georgina. Laissez-moi, Monsieur.
Air : Bu partage de la richesse.
Ah! c'est affreux, me tromper de la sorte! anastase.
Je suis pourtant très-généreux !
Voyez plutôt, à vous je m'en rapporte, Lequel (Te nous est le plus malheureux?
De cette aventure piquante
Avec raison je me plaindrais i
J'y perefs dix mille écu» de rente,
Et vous n'y perdez qu'un Anglais.
Eh mais! j'entends une voiture; c'est sans doute Julien : il s'est chargé de prendre deux landaux sur la place ; (Regardant.) non, c'en est un qui n'est pas numéroté; un monsieur en descend... eh mais! je ne me trompe pas! c'est le monsieur qui était cache dans ce cabinet, le banquier do Julioifc (hie revient-il faire ici ?
Joséphine. Monsieur Van-Berg?
anastase. Précisément.
mimi. Et cette dame si bonne, si aimable, dont il redoutait la présence?
josépihUEj C'était sa femme, rien que cela.
georgina. Ah! il s'est moqué de nous, il faut le lui rendre.
MIMI. Oui, oui, profitons de l'occasion.
anastase. C'est bon, je le laisse entre vos mains, car nous ne sommes pas bu n ensemble; je vais voir pour nos équipages. Adieu, chère comtesse; adieu, gentille Paméla, à ce soir; je serai votre cavalier : n'oubliez pas, clans un quart d'heure. (// sort.)
toutes. C'est bon, c'est bon, nous serons prêtes.
mm. C'est M. Van-Berg, Mesdemoiselles, point de pitié. georgina. Je vais me venger sur lui.