SCÈNE XVTI
M. et MADAME VAN-BERG.
m. van-berg. Morblen! si jamais on m'y rattrape... [Offrant la main à sa femme.). Madame, voulez-vous me permet Ire de vous reconduire?
madame van-bebg. Pas encore, j'ai quelque chose, ici même, à vous demander; et vous êtes si généreux aujourd'hui, que vous n'hésiterez pas à me l'accorder.
m. van-berg. Je ne sais pas pourquoi, Madame , vous me dites cela d'un air d'ironie....
madame van-berg. Du tout, je parle sérieusement, et je le prouve : vous avez renvoyé Julien, j'ignore pour quel motif, il ne me l'a pas dit.
m. van-berg. C'est bien heureux [
madame van-berg. C'est un très-brave garçon, auquel je m'intéresse ; et vous me ferez plaisir en te gardant.
m. van-berg. Je le voudrais, Midame, mais c'est impossible, absolument impossible f je l'ai juré.
MADAME VAN-BERG. VOUS aVCZ tOTt.
m. van-berg. Et pourquoi ?
madame van-berg. Parce qu'il restera.
m. van-berg. Morbleu !
madame van-berg. Attendez, vous n'y êtes pas encore; je vous ai prévenu qu'aujourd'hui j'étais entrain de demander; il faut que je profite des moments où vous êtes bien disposé: vous allez donc garder Julien, et lui donner des appointements plus convenables, et de plus, une trentaine de mille francs.
m. van-berg. Et pourquoi?
madame van-berg. Pour qu'il puisse épouser Joséphine, qui était là tout à l'heure auprès de moi.
m. van-berg. Qui? Joséphine!., cette petite couturière?
madame van-berg. Oui; ils s'aiment éperdument; cela vous fâche peut-être?
m. van-berg. Moi, Madame ? en aucune manière.
madame van-berg. Tant mieux : car apprenez , Monsieur, que cette petite couturière est ma cousine, ma cousine germaine.
m. van-berg, effrayé. Dieu î voulez-vous bien ne pas parler si haut !.. Qu'est-ce que vous me dites là?
madame van-berg. L'exacte vérité; par exemple, c'est un seeret que je possède seule; mais si vous me refusez, je la reconnais hautement pour ma cousine, ici à Paris, aux yeux de toute votre société: pour commencer, je cours l'embrasser.
m. van-berg, la retenant. Madame , au nom du ciel! de quel ridicule allez-vous me couvrir f et que dira-t-on dans le monde?.. Moi, cousin d'une couturière !
madame van-berg. On n'en saura rien.
m. van-berg. N'importe, on jaser.i sur ce mariage.
madame van-berg. Pourquoi cela? on n'a rien dit du votre.
m. van-berg. Moi, Madame, c'était bien différent!
madame van-berg. Prouvez-le-moi, si vous pouvez, ou plutôt hâtez-vous de vous décider, ou je vais trouver ma cousine : songez donc qu'à présent c'est ma seule parente..
m. van-berg. Bien sûr, il n'y en a pas d'autre.
MADAME VAN-BERG- Rai SOU de plllS.
Air des Maris ont tort.
Vous, chez qui l'a bonté d'om ne,
Et qui savez bien calculer,
Vous doterez notre cousifte*,
Pour n'en plus entendre parler
Qu'ici votre tendresse brille ;
Tant de gens, dans leur nwble espoir,
Ont acheté de la famille,
Vous payez pour a'en point avoirs
M. vah-berg. Eh ! Madame, il faut bien faire tout ce que vous votilez; mais j'espère au moins que le plus grand secret...
madame van-berg. Je vous le promets, et vous savez si je tiens mes promesses; excepté Joséphine, à qui je me ferai connaître, et sur la discrétion de laquelle on peut compter, excepté elle, personne ne saura notre parenté; mais prenez garde, je vous préviens, que lorsque je ne serai pas contente de vous, il me prendra pour ma famille des accès de tendresse qui vous feront trembler.
m. van-berg. Taisez-vous, les voici.