‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 402 sur 1121 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

Les précédents, D'ESTIVAL, une lettre à la main, qu'il serre en entrant.

senneville. Ah! monsieur le baron, venez m'aider à me défendre!

d'estival. Moi, Monsieur ! Je m'en garderai bien; et c'est déjà beaucoup que je ne vous force pas à rendre compte de votre conduite.

senneville. Monsieur...

lise. Quoi! mon père, vous seriez instruit?..

d'estival. Oui, mon enfant, heureusement pour toi. (A Senneville.) C'est en vain que vous m'avez d'abord abusé.

senneville, àpart. Serais-je découvert?

d'estival. Je vous connais à présent; je connais vos intrigues, vos aventures de jeu, de créanciers...

senneville, étonné. De créanciers !

d'estival. Et vos comtesses et vos baronnes. J'ai là leurs déclarations, deux, trois, quatre intrigues à la fois.

lise. Ah ! mon Dieu !

senneville, vivement. Qui m'a calomnié à ce point? Je vois que Jasmin ne m'a pas épargné...

lise. Fort bien; vous êtes irrité qu'il ait révélé votre conduite à mon père.

senneville. Eh! Mademoiselle, vous défendez ce domestique avec une chaleur...

lise, avec dignité. Monsieur, vous ne faites pas attention à vos discours.

senneville. Ah! pardon! croyez que je n'eus jamais l'intention de vous offenser.

lise, sèchement. Vous êtes donc bien maladroit?

senneville, avec dépit. Oui, oui, je le suis en effet; mais c'est d'avoir gardé auprès de moi certaines personnes...

Beauclair. Je ne vous ai pas forcé de me prendre.

senneville. Eh bien! si je vous ai pris, je vous congédie; je vous renvoie, et ne veux plus de vos services.

Beauclair. Permettez, Monsieur! on donne au moins huit jours.

d'estival. Sans doute ; et, si ton maître te les refuse, je te garde chez moi.

lise. C'est cela.

d'estival. Et tu ne nous quitteras plus. lise. A la bonne heure!

senneville. Nous ne nou* séparerons pas ainsi , monsieur Jasmin; nous avons ensemble quelques comptes à régler.

Beauclair. Quand vous voudrez, Monsieur; quoique je ne sois plus à votre service, je suis toujours à vos ordres.

d'estival. Viens donc, Jasmin ! (D'Estival, Lisp, Beauclair sortent.)

SENNEVILLE, seul, avec emportement. Allons, c'est lui qui reste! et c'est moi qu'on renvoie! Elle ne m'aime pas, elle ne m'a jamais aimé, et la manière dont elle vient de me traiter.. . Il faudrait que je fusse bien aveugle... C'est qu'aussi il y a quelque chose que je ne puis comprendre... Et moi qui, au lieu d'embarrasser, de déjouer mon rival... m'emporte... m'impatiente... moi, qui lui prends sa place, son nom, sa femme, et qui m'avise encore d'aller lui chercher querelle! Allons, je me suis enferré comme un sot! Un déguisement, un amant en valet, et valet de son rival. En voilà plus qu'il n'en faut pour tourner une jeune tète. Mon projet était extravagant et pouvait plaire; le sien n'a pas le sens commun. On val'adorer. (Apercevant Germain.) Ah! Germain.

LÈ VALET DE SON RIVAL

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