‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 413 sur 1121 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les précédents, M. DURAND.

m. godard. Mon cher voisin, je me rendais chez vous pour vous remercier de l'honneur que vous nous faiti s.

madame benoist. C'est un bonheur pour toute la famille.

m. dùrand. Monsieur, Madame, certainement, je suis bien sensible à vôtre politesse; aussi, je suis descendu moi-même,

afin de vous dire...

m. <.omni>. l'inUrromjpant vivement, ainsi que clans tout le

LE PARRAIN

reste de la scène. C'est ce que je ne me pardonnerai jamais. C'était à moi de vous prévenir; mais un jour comme celui-ci on a tant d'embarras, mon bon, mon cher l)urand... Combien [Lui prenant la main.) je suis heureux qu'une pareille cérémonie resserre encore les liaisons de voisinage et d'amitié qui nous unissaient déjà!

m. durand. Mais comme c'est la première fois que nous nous parlons...

m. godard. C'est égal, vous êtes de la famille.

m. durand. Mille fois trop de bontés; mais comme je Venais pour vous dire...

madame prudent. J'espère que vous m'en remercierez. C'est moi qui ai arrangé tout cela avec mademoiselle t3abet; et jugez donc quel bonheur, quel avantage, vous qui n'avez jamais eu d'enfants, d'en trouver un qui ne vous coûte rien, qui vous apportera un bouquet à votre fête !

madame benoist. Et un compliment au jour de l'an

m. godard. Ët les petites étrennes; c'est charmant. Vous aurez tous les avantages de la paternité , et vous n'en aurez point comme nous les soins 5 les soucis, les tracas. Ah çà, mon cher, point de gène, point de façons, tout est désormais commun entre nous. Voilà comme je suis; et surtout, je vous en prie, point de folie. Pour la marraine, vous ferez ce que vous voudrez.

m. durand, impatienté. Mais, Monsieur...

m. godard. Mais pour ma femme , rien, je vous en prie, que les bonbons, les bagatelles d'usage.

m. durand. Mais daignez m'écouter, Monsieur, je vous déclare que je ne veux pas...

m. godard. Et moi je le veux, ou sans cela nous nous fâcherons.

m. durand. Mais encore une fois...

m. godard. C'est arrangé comme cela, n'en parlons plus. Eh vite, ma belle-mère, Mesdames, voyez si l'on peut faire une visite à ma femme, à madame Godard. (Elles sortent.) Oh! vous allez embrasser l'accouchée, et votre filleul donc. Madame Prudent, voyez si le petit est présentable. Ah ! mon Dieu! et moi qui oubliais... voilà la clé de l'armoire pour prendre le pot de gelée de groseilles que ma femme a demai dé. Pardon, mon cher compère ; mais j'ai tant de choses dans la tète! Quant à votre commère, je ne vous en parle pas, parce que je veux vous surprendre. La plus jolie marraine... Mais je vous devais ça pour la bonté, la grâce avec laquelle vous avez daigné accepter. Adieu , mon cher ami, mon cher compère. Je cours à ma toilette. (L'embrassant.) Madame Prudent avait raison, notre parrain est un homme charmant.

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