‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 416 sur 1121 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les précédents, M. GODARD.

m. godard. Je vois le parrain et la marraine qui sont réunis. Me sera- t-il permis, Madame, de vous présenter mes respects?

madame de saint-ange. Bonjour, mon cher Go:lard, comment va votre femme?

m. godard. Elle attend, Madame, l'honneur de votre visite. madame de saint-ange. C'est bien! (A Durand.) Pour quelle heure avez-vous commandé les voitures?

m. durand, étonné. C imment, Madame, les voitures? madame de saint-ange. Eh! oui, nesavez-vous pas qu'il en faut? vous aviez raison, vous ne vous doutez pas des usages et vous êtes bien heureux de m'avoir. (Appelant.) Holà ! quelqu'un. »

m. godard. Gervais ! Gervais ! c'est mon garçon de boutique, un gaillard fort intelligent.

madame de saint-ange. Il faut à l'instant même courir chez le premier loueur de voitures, et demander six remises, entendez-vous? six grandes berlines. Vous les prendrez à la journée, et que dans un instant elles soient à la porte.

m. durand. Mais permettez donc; il me semble que l'église étant à deux pas, nos équipages seront tout à fait inutiles.

madame de saint-ange. D'accord, on ne s'en servira pas, mais il faut qu'on les voie dans la rue; c'est de rigueur.

m. durand. Ah! c'est de rigueur. [À part.) Six berlines! Moi qui vais toujours à pied. Ah! la maudite sage-femme; elle me le paiera.

m. godard, se frottant les mains. Six voitures dans la rue, quel bonheur! Ça ira jusqu'à la boutique du bonnetier, qui ne peut pas me souffrir.

m \dame de saint-ange. Oh ! M. Durand fait bien les choses; mais ce n'est rien encore, vous verrez son cadeau à l'accouchée. (Bas, à Godard.) Un superbe déjeuner en vermeil. Oh ! à votre place je ne serais pas tranquille. (A Durand.) Allons, donnez-moi la main, et venez voir celte pauvre petite femme. (Bas.) Nous allons trouver la nourrice, la garde, les grands parents, un monde et une chaleur; c'est affreux ! je ne peux pas souffrir les chambres d'accouchées.

m. godard. Mille pardons si je ne vous conduis pas; quelques affaires indispensables, cette robe de baptême, la toilette de l'enfant... Je suis à vous, Madame. (Durand et madame de Saint-Anije entretit dans la chambre voisine.)

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