SCÈNE VI
Les précédents, CLARISSE,
Clarisse. Ma sœur! ma sœur! viens donc vite! Est-cé que lu n'as pas entendu une voiture qui entrait dans la cour?
adéle, avec effroi. Quoi ! déjà mon mari?
Clarisse. Mon Dieu non! pas encore!.. (Apercevant Amélie et madame Marini. 0 ciel! (Elle leur fait la révérence et
dit bas à sa sœur.) Y penses-tu?., quand ce matin encore M. Darcey vient de te défendre...
adèle, l'interrompant. Il suffit!.. Je sais ce que j'ai à faire. Que venais-tu m'annoncer?
Clarisse. Une galanterie charmante de ton mari. C'est aujourd'hui ta fête, tu ne le savais pas?
amélie et sophie. Ni nous non plus.
Clarisse. Et il avait commandé pour toi un coupé délicieux qui vient d'arriver.
adèle, avec joie. Est-il possible?
Clarisse. Et deux chevaux gris magnifiques! Oh! le bel attelage !
adèle, avec satisfaction. J'avoue que je ne m'y attendais pas.
sophie, sèchement. Il me semble cependant que c'était, de droit?
amélie. Comment ! tu n'avais pas encore de coupé? Mais c'était une indignité!.. Moi j'en ai un depuis trois ans, et cependant mon mari n'est pas si riche que le tien, il s'en faut beaucoup.
adèle, froidement. C'est vrai.
sophie. Et s'il te le donne c'est pour ne pas rougir.
amélie. C'est par respect humain.
Clarisse. Non, Mesdames; c'est par affection, par amitié pour elle; car tu ne te doutes pas de ce qui vient d'arriver dans ce bel équipage ?
adèle. Eh! qui donc?
Clarisse. Mon père, qui attend avec impatience que tu i ailles l'embrasser.
adèle. Je le voudrais... mais ces dames, que je ne puis abandonner...
Clarisse. Je me chargerai de leur tenir compagnie et de leur faire les honneurs... Va vite.
adèle. A la bonne heure... Adieu, mes amies, je reviens dans l'instant...
i amélie. Et moi je ne te quitte pas; je veux voir tes chevaux, et puis nous avons ensemble une conversation à ache- -, ver. (Adèle et Amélie sortent.)