SCÈNE VIII
VALDÉJA, seul, puis MOURAVIEF.
valdéja. Et c'est dans un pareil moment qu'il les sauve tous de leur ruine... qu'il préserve de la honte cette famille
à laquelle peut-être il doit la sienne!., car cette Adèle
cette sortie mystérieuse... ce mensonge... Il y a ici trahison... j'en suis sûr... et je le souffrirais!., non... l'amitié n'est qu'un vain nom, ou je saurai bien l'empêcher. Ah! je sens mes idées de vengeance qui se réveillent. Encore une femme perfide à poursuivre... à démasquer. (Voyant Mouravief qui entre.) Ah! te voilà!., madame Darcey est sortie... il y a une heure... en fiacre?..
mouravief. Oui, Excellence . . . j'étais là à la porta quand elle y est montée.
valdéja. Où a-t-elle commandé qu'on la menât?
mouravief. Elle a dit tout haut, chez M. Evrard, rue Saint- Louis au Marais.
valdéja, à part. Oui, c'était là son premier mot... elle aura donné contre-ordre en route. (Uaul.) As-tu remarqué le numéro de ce (iaçre ?
mouravief. Non, Excellence.
valdeja. Comment était-il ?
DIX ANS DE LA VIE D'UNE FEMME
MOi'iuyiEF. Brun.
valdéja. Ils le sont tous! et les chevaux? mouravief. Un noir et un blanc.
valdéja. C'est différent... voilà des indices. Ce fiacre a été pris sur la place voisine... il est probable qu'il y reviendra clans la journée. Yadonc, jusqu'à ce soir, le mettre en faction.
mouravief. Oui, Excellence.
valdéja. Sans en bouger!
mouhavief. Oui, Excellence.
valdéja. Et, si tu le vois paraître, tu proposeras au cocher de boire avec toi.
mouravief. Oui, Excellence.
valdéja. Tant qu'il pourra, et tâche de savoir de lui la rue et le numéro de la majson où il aura conduit ce matin madame Darcey.
mouravief. Oui, Excellence.
valdéja. En avant! marche! retourne à ton poste et
songe que je t'attends. (Ils sortent chacun d'un côté différent. — Le théâtre change.)