SCÈNE V
DHENNEBON, EDGARD.
dhennebon. Voilà un véritable ami!., et je suis trop heureux d'être utile à lui, ou aux siens!
edgard. Je suis bien indiscret, sans doute, de venir ainsi vous déranger de vos travaux et de vos importantes occupations.
dhennebon. Nous sommes, il est vrai, tellement assujettis!., je n'ai pas encore pu, de la matinée, sortir de chez moi! tandis que vous, Monsieur, un militaire!., un jeune officier!., quelle noble et belle profession!., et point de soucis, point de chaînes!., libre comme l'air!
edgard. Je ne vois pas cela : nous dépendons de lout le monde au contraire, et ma démarche en est la preuve. Depuis longtemps, mon oncle, mon frère, tous mes amis nie pressent de m'établir; je sens qu'ils ont raison... et pourtant c'est presque malgré moi que j'ai cédé à leurs instances... mais un militaire ne peut se marier sans permission... je me suis adressé au roi, qui m'a dit : Cela ne dépend pas de moi ! . .
dhennebon. Ah! le roi ne peut pas!
edgard. Non, Monsieur... il m'a dit : Voyez le ministre ! et le ministre m'a dit : Cela regarde M. Dhennebon, le chef de bureau ; qu'il me fasse son rapport !
dhennebon. C'est juste... c'est moi qui délivre ces permissions, et je vous promets de ne pas vous faire attendre...
edgard. Vous êtes trop aimable!