SCÈNE III
Les précédents, LIONEL, enveloppé d'un manteau, dont il se débarrasse en entrant et qu'il jette sur un fauteuil ; en même temps il pose deux pistolets sur la table.
liunel. Vous m'attendiez, Messieurs?
arthur. Oui, colonel! eh bien?..
lionel. Tout est tranquille! nos hommes sont partis pour Lexington; la place de Funnel-Hall est déserte, pas de sentinelle anglaise, pas le moindre mouvement dans les casernes, leur sécurité est complète.
arthur. Il faut en profiter...
lionel. Le mot d'ordre est donné. (A Zambaro.) Baron, j'ai recommandé de venir vous éveiller dès qu'on apercevrait votre pavillondanslabaie de Chaiies- Town.
zambaro, embarrassé. C'est bien !
lionel, leur prenant la main. Et maintenant, mes amis, allez prendre quelque repos, vous en avez besoin.
arthur. Colonel, vous me parliez d'une lettre pour voire mère...
lionel, s'approeJiant de la table. Elle est là... [Prenant la plume.) Pardon, deux mots encore. (Écrivant.) Pauvre mère! (Il écrit très-vite; Arthur est appuyé sur sa chaise, Zambaro est à l'autre bout du théâtre.)
zambaro, à part. Plus j'y pense, ce projet, ce mariage; commenta présent revenir sur mes pas? n'importe, il le faut, ces braves jeunes gens, une cause si juste ! faire notre fortune, et le bonheur de Bathilde. Oui, je les sauverai... ah! et ces papiers d'Herman, ie les lirai en chemin.
lionel, en remettant sa lettre à Arthur. Mon cher Arthur, vous savez ce que vous avez à faire?
arthur, d'une voix émue. Soyez tranquille, à moins que moi-même...
lionel, allant à Zambaro. Monsieur le baron, j'avais des projets dont je voulais vous parler ce soir ; mais demain, demain, s'il en est temps, si nous sommes vainqueurs... et si nous ne l'étions pas, si le sort nous trahissait...
zambaro. Y pensez vous?
lionel. Oui, oui, ne parlons pas de cela. (A Arthur.) Mon ami (A Zambaro.) Mon père, embrassonsnous. . (Il se jette dans les bras de Zambaro.) et que demain le soleil naissant éclaire un pays libre. Adieu, mes amis.
tous deux, lui serrant la main. Adieu! colonel. (Il les conduit jusquci la porte; Zambaro et Arthur sortent en se tenant par la bras.)