ACTE CINQUIÈME
Le théâtre représente un salon du palais du gouverneur.' SCÈNE PREMIÈRE,
LOHI) CAGE, l'i.nsna us Ornants.
lord gage, parlant aux officiers. Aile/, qu'on exécute mes ordres, qu'on éveille le colonel Clinton, qu'il coure aux casernes, qu'il fasse mettre les soldats sous les arme . (Rappelant un, officier.) Burgoynq, encore' un mol. Si le peuple faisait mine de se joindre aux rebelle,, ces trois offl aers que nous venons du prendre Les armes à la main.., vous entendez., sur-le-champ...
s:r cokney. Par une fenêtre basse qui donnait sur les champs, huit pieds de haut; mais dans ces momenfs-là on a une énergie, et je me suis mis à courir jusqu'à la grande roule, où j'ai rencontré deux compagnies du régiment des gardes qui s'avançaient en bon ordre et l'arme au bras; et à la vue des habits rouges, je me suis dit : « Me voilà chez moi, je suis sauvé. »
lord gage. Je l'espère bien.
sir cokney. Eh bien! pas du tout, c'a été bien pire.
lord gage. Que me dites-vous?
sir cokney. Nous marchions sur Lexington, lorsque plusieurs coups de feu...
lord gage. Des Américains ont osé tirer les premiers sur nos troupes !
sir cokney. Une vingtaine de paysans armés de fusils de chasse, et nous allions les châtier comme ils le méritaient, lorsque des deux côtés de la chaussée nous somn.es salués de la même manière. Nous entendons sonner le tocsin, et de tous les villages voisins nous vojons accourir, à travers champs, les habilanls armés de bàlons, de haches et de faux. Le commandant crie à hau'e voix : «Volte-face! »
lord gage. C'était bien.
sir cokney. C'était mal; car moi qui étais à la queue de la colonne je me trouvais à la tète, et j'entendais les cris de ces furieux : « A bas les Anglais! à bas les habits rouges! » Et notre commandant qui criait encore plus haut : « Canaille américa:ne, retirez-vous, ou je vous mitraille. »
lord gage. C'est ce qu'il fallait faire.
sir cokney. C'est ce qu'il a fait. « Feu! » a-t il dit, et j'en ai vu tomber une vingtaine des plus acharnés; mais les autres son! revenus à la charge de plus belle. A chaque instant, leur nombre augmentait, les pierres pleuvaient de toutes parts, et le détachement a pris le pas accéléré, puis le pas de course...
lord gage. Fuir devant ces Américains! Et les rebelles?
sir cokney. Sont maintenant à la porte de votre palais, où ils forment un rassemblement.
lord gage. Que bientôt j'aurai dissipé.
miss Henriette. Et par quels moyens?
lord gage. Les seuls que me commande mon devoir : on ne transige po:nt avec des révoltés. Venez, Cokney, suivez-moi.
sir cokney. Oui, Milord. [A miss Henriette.) Pardon, Mademoiselle. (Il sort avec lord Gage.)