SCÈNE VHL Les précédents, LORD GAGE
lionel. Milord Gage !
bathilde et Henriette, se jetant dans les bras de lord Gage. Mon père!..
tous, se précipitant vers lui. Mort au gouverneur!
bathilde, s'élançant entre eux et lord Gage. Arrêtez!..
lord gage, à part. Qu'ai-je vu ! la nièce de ce Zambaro !
bathilde. Arrêtez, nobles Américains, n'imitez pas
les forfaits que vous détestiez tout à l'heure. [A Lionel.) Et vous qui venez de délivrer la patrie, si j'ai sauvé vos jours et ceux de vos amis, j'en réclame !e prix. (Montrant lord Gage.) Protégez-le, défendez sa vie, défendez votre gloire.
lionel. Ah ! s'il ne dépendait que de moi, croyez que la pitié...
arthur. La pitié! en a-t-il eu pour nos frères? Point de grâce.
tous. Non, point de grâce.
arthur. 11 faut un exemple; il faut apprendre à l'univers entier...
bathilde. Que vous avez su vaincre et n'avez pas su pardonner; que vous êtes indignes de la victoire; que vous l'avez souillée par un crime. Ah ! ce n'est pas la liberté qu'il vous faut, c'est du sang. Eh bien! vous serez satisfaits; je vous offre une nouvelle victime : frappez à la fois et le père et la fille.
lord gage. Ma fille !
MISS HENRIETTE. Ma S03Ur!
bathilde. Oh ! ne me désavouez pas. Je ne demande que l'honneur de mourir avec vous. (Aux soldais ) Frappez maintenant. (Mouvement général.)
lionel, aux Américains. Non, vous épargnerez leurs jours. Dans une cause aussi sainte que la nôtre, le sang ne doit couler que sur les champs de bataille, et plutôt briser cette épée... (Tous font unmouvement.)
arthur, l'arrêtant. L'instrument de notre délivrance ! Non ! colonel, la patrie en a trop besoin! conservez-le pour elle, nous vous obéissons.
lionel, à lord Gage. Milord, vous êtes libre. Portez au roi et au parlement d'Angleterre les vœux de cette colonie : égalité des droits, égalité des impôts, liberté selon les lois, voilà ce que nous demandons les amies à la main.
bathilde. Vous partez, mon père, qu'ordonnez-vous de moi?
lord gage. Tu me suivras, ma fille.
bathilde, se jetant dans ses bras. Ah ! ce mot etiace tout.
lord gage. Sous un autre ciel, dans un monde nouveau, nous parviendrons à oublier le passé, et peutêtre un heureux avenir nous est-il permis. (A Lionel et aux Américains.) Messieurs, tout ce que je puis faire. ?est de porter vos demandes au parlement, et de f ire des vœux pour qu'elles soient accueillies.
•jonel. Dites-lui que d'aujourd'hui tous les Amcrir.iins sont soldats; que vous avez vu en eux, non des esclaves révoltés, niais des citoyens, des hommes libres, qui, à la face de l'univers, proclament leur indépendance, et sauront la défendre.
tous les américains. Oui, nous le jurons!
FIN 1>K LA BOHÉMIENNE
LES ADIEUX AU COMPTOIR
LES ADIEUX AU COMPTOIR
COMÉDIE -VAUDEVILLE EN UN ACTE Représentée, pour la première fois, a Paris, sur le théâtre du Gymuase dramatique, le 9 août
EN SOCIÉTÉ ±VEC M- IUÉLESVILLB
M. DUBREUIL, marchand d'étoffes.
MADAME DUBREUIL, sa femme.
ELISA. leui fille.
BERNARD, jeune tapissier.
ftîretmnagee.
M. COTING, tailleur.
UN JOCKEY, costumé à l'anglaise.
FRANÇOIS, domestique.
La êchts se pause à Taris, dans .a maison de SI. Dubreuil.
Le théâtre représente un appartement assez élégant. Porte au fond. Deux portes latérales A droite, sur le devant, une petite table couverte d'un tapis; du côté opposé, une tabla ronde, sur laquelle on sert le déjeuner.