‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 650 sur 1121 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les précédents, FRANÇOIS, puis BERNARÎ

François, entrant et annonçant à haute voix. Monsieur de Saint-Edmond.

bernard, regardant M. Dubreuil. Qu'est-ce qu'il dit donc?

m. dubreuil, allant à lut. Salut à monsieur de Saint- Edmond.

bernard, bas. 11 paraît que c'est mon nom.

m. dubreuil, de même. Oui, sans doute. (Haut.) Je suis trop heureux de recevoir l'homme le plus à la mode de Paris... (Bas.) Tu es un élégant, entends-tu! et tiens-toi droit....

bernard, de même. Soyez tranquille... vous allez voir, rien que le salut... [S' avançant près des dames, et les saluant, la tête entre les deux épaules.) Belles dames, j'ai l'honneur d'être le vôtre, au tant que possible. •

madame dubreuil et élisa, faisant la révérence. Monsieur...

élisa, levant les yeux. Ah! mon Dieu! maman... c'est ce monsieur d'hier avec qui j'ai dansé, et qui ne nous a pas quittées de tout le souper.

madame dubreuil. Comment ! il sè pourrait !.. il élai donc au bal, incognito.

bernard, les lorgnant. 11 me semble, autant que le bon ton me permet d'y voir... que j'ai déjà eu le plaisir de rencontrer ces dames.

madame dubreuil. Mais, oui, Monsieur... nous avons passé hier la soirée ensemble.

bernard. Est-ce hier?., eh! oui, rue Lepelletier... un bal de banquier. Une cohue... moi, je n'y vais jamais... aussi, je n'étais pas invité... je n'y connais personne... c'est un ami qui m'y a amené.

madame dubreuil. Il me semble cependant que le bal...

bernard. Ah! laissez donc...

Air : Sans mentir.

Oui, le luxe et l'opulence Eblouissent tous les yeux.

Mais chez les gens cIl; finance, Tous les bals sont ennuyeux.

Terpsichore craint l'approche Des Crésus prompts à glisser, Et dit, en voyant leur poche.

Où tant d'or vient s'entasser :

« C'est trop lourd (bis.) pour bien dabssr. »

Et puis, quelle société!., je n'y ai rencontré que deux personnes véritablement dignes de mes hommages... aussi, je ne les ai pas quittées... et j'étais loin de m'attendre aujourd'hui au plaisir de les revoir.

élisa, bas, à sa mère. Qu'il est aimable et galant!

madame dubreuil. Eh bien! monsieur Dubreuil, vous l'entendez... vous voyez que les gens comme il faut se reconnaissent partout.

LES ADIEUX AU COMPTOIR

bernard. Ou premier coup d'oeil, je vous défie d'en- I trer dans un salon, sans être remarquée...

madame dubreuil. Comme tout ce qu'il dit est de bon ton. (François apporte le déjeuner.)

bernard. Comment!., vous n'avez point encore déjeuné? à onze heures!., mais c'est comme moi... c'est tout à fait bon genre.

madamedubrkuil. Oui, Monsieur, c'estnotre habitude.

M- dubreuil. Excep té qu'aujourd'hui nous avons deux heures de retard... mais si vous vaulez sans façon être des nôtres?

bernard. Comment donc!., mai? très-volontiers.

madame dubreuil, bas, àson mari. Qu'est-ce que vous faites ?.. nous n'avons personne... François est si maladroit pour servir!

m. dubreuil. Eh bien ! Monsieur n'a-t-il pas ses gens?

Bernard. Mes gens!., qu'est-ce qu'il dit donc?

m. dubre.il. Tenez, justement, voici votre jockey.

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