‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 652 sur 1121 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

M. ET MADAME DUBREUIL, ÉLISA, BERNARD, autour de la table et déjeunant; LE JOCKEY, debout, occupé à les servir ; COTING, entrant par la porte du magasin.

coting. Je suis désolé... de vous déranger encore... je ne vous dis qu'un mot, et je m'esquive. [M. Dubreuil se lève de table, el va causer avec lui à l'autre bout du théâtre.)

madame DUBREUIL, à Bernard. Ne faites pis attention,c'est un chaland... ça n'en vaul pis la peine.

coting, à M. Dubreuil. te velours grïs*perle mi parait bien... j'en prendrai quatre piè ics p iur coin non- CCI'... pour le surplus...

madame durrku.il, à qui I) rnard a parlé bu s pendant ce temps. C'est charmant ! Dieux! qu'il a d'espril !.. on av lit M m rai 0:1 de 11 lus vanter M. de Saini- Ivlmond.

coting. Hein!., qu'est-ce que c'est?., quel nom ai-je entendu? Comment!.. Monsieur serait?..

élisa. M. de Saint-Edmond lui-même.

coting. En effet, je reconnais son jockey... celui qui me renvoyait toujours. (Haut, à B -rnard.) Plusieurs fois, Monsieur, je me suis présenté à votre hôtel, sans vous rencontrer.

bernard. A mon hôtel!.. {A part.) C'est encore quelque incident arrangé par le beau-père.

coiiNG. Votre domestique, ici présent, m'a toujours dit que vous n'étiez pas visible.

bernard. Ce gaillard-là joue bien son rôle...

le jockey, à Coting. C'est vrai, Monsieur... maisj'avais des ordres...

coting. Que j'ai toujours respectés... je suis Coting... Coting, tailleur... Et puisque je vous trouve, voici une petite lettre de change, acceptée par voir, et passée à mon ordre.

m. dubreuil, à part. Eh ! mon Dieu ! . . je n'avais pas pensé à celui-là .. ce que c'est, quand on commença.

bernard, à part. C'est bien cela... Tous les jeunes gens à la mode ont des créanciers... et le beau-pi re m'en a trouvé un. (Haut, à Coting.) Eh bien! mon cher, qu'est-ce que cela?.. Une lettre de change!., est-ce que cela me regarde? est-ce que je peux me mêler de tout?.. C'est moi qui les fais, c'est déjà bien assez. . mais ce n'est pas moi qui les paie... Voyez mon homme d'affaires... Est-ce q 1e vous me prenez pour un bourgeois?

coting. Non, Monsieur; je sais bien la différence... les bourgeois paient eux-mêmes .. Mais c'est que je me suis mis en règle... Il y a contrainte par corps ; et je serais désolé, pour si peu de chose, de causer du désagrément à Monsieur...

m. dubreuil, à part. Ah ! mon Dieu !.. tout va se découvrir.

coting. Et de le faire mettre en prison.

MADAME DUBREUIL ET ÉLISA. Eli prison!..

bernard, aux dames. Taisez-vous donc. . . ça n'est pas possible... je n: découche jamais. (A Coting.) De quoi est-il question!., de mille écus?

coting. Du tout, Monsieur... d'une misère dj cinq cents francs.

bernard, toujours à table. Et c'est pour cela que vous me rompez la tète'.'.. Terrz, entendez -vo is ladessus avec M. Dubreuil, nous sommes en compte courant... et il va voussolder. (A madame Dubreuil ) Je vous demanderai un peu de crème.

m. dubreuil. Comment ! morbleu!., y pensezvous?., payer cinq cents francs !

madame dubreuil, versant de la crème à Bernard. Sans doute, mon ami, vous ne pouvez refuser à M. de Saint-Edmond.

Bernard. Certainement; qu'est-ce que cela vous coûte?

m. dubreuil. Ce que ça me coûte?., c'est que vous croyez plaisanter... Mais je suis dans ce inoment-ei dans une position... (.4 part.) Mais renoncer à une ruse qui va si bien... (On entend sonner.) Allez donc vite... Et puis d'ailleurs le véritable Saint-Edmond paiera peut-être. (On sonne encore.) Mais allez donc, Madame.

madame dubreuil, se levant de table. Excusez, Monsieur...

Bernard. Eûtes, Madame... Jesais bien ce que c'est que le commerce.

madame dubreuil. Ah! si celui-là s'avise de marchander, il sera bien venu. (EU" sort.)

m. dubreuil, à Coting. Monsieur, passons dans mon cabinet... nous allons régler cela. (A Bernard.) Jo te laisse quelques minutes avee la prétendue..', profile des moments, car ils sont ; chers. (M entre avec Coting dans le cabinet à droite.)

LES ADIEUX AU COMPTOIR

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