‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 666 sur 1121 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ESTHER, puis LA MARQUISE.

esther. Je ne veux plus qu'elle pense à ce procès... pas plus qu'à ce mariage... l'un est aussi inutile que l'autre... la voilà encore triste et rêveuse!..

la marquise, à part. Comment ce mystère a-t-il pu être pénétré? enfin, il esteonnu delui, debien d'autres peut-être... il n'y a plus à hésiter.

esther. Vous souffrez toujours?

la marquise. Oui... d'abord, il y a des émotions qu'on a peine à maîtriser! des positions auxquelles il faut renoncer... non sans peine, non sans effroi, et puis, à force de les envisager, on s'y fait, on s'y habitue, et quand une fois on a pris son parti... on s'étonne de n'avoir pas eu plus tôt ce courage.

esther. Quoi ! il serait vrai... ce procès, vous y renoncez? ah! vous avez bien raison.

la marquise. Non, mon enfant... car ce n'est pas pour moi, c'est pour toi que je l'ai entrepris.

esther. Pour moi que vous vous donnez tant de peine! que vous compromettez votre santé!., n'en laites rien, je vous supplie... car je ne sais comment vous expliquer... comment vous dire... mais j'ai un aveu à vous faire...

la marquise. Toi aussi!..

esther. Vous désirez gagner ce procès pour me doter, pour me marier, pour me rendre heureuse?

la marquise. Sans contredit...

esther. Eh bien ! s'il devait arriver tout le contraire?

la marquise. Comment cela?

esther. Si le chonl que vous avez fait... je ne sais comment me faire comprendre

JAPHET

plumcakb. Cheveux blonds, très-Monds. — Acte 2, scène 7.

la marquise. Tu ne connais pas le marquis de Schressbury, tu ne Tas jamais vu.

esther. C'est vrai!., mais il n'est pas le seul au monde, il y en a d'autres que lui...

la marquise. Qu'est-ce à dire?

esther. Voilà que vous vous fâchez...

la marquise. De ton manque de confiance.

esther. Je n'osais pas... vous aimez les marquis, et celui-là ne l'est pas.

la marquise.. Qu'importe! . si le choix est convenable... s'il a une belle fortune...

esther. 11 n'en a pas du tout... voilà pourquoi je ne trouvais pas nécessaire d'en avoir...

la marquise. Au contraire... raison de plus... mais rassure-toi, mon enfant, il se peut qu'un jour tu en aies une considérable...

esther. Que je pourrai lui offrir?

la marquise. Un instant. . . pourvu qu'il ait du talent, du mérite, une honnête famille... un nom honorable.

esther. Il a tout cela, j'en suis sûre.

la marquise. Eh bien ! je vais lui écrire... ou plutôt

écris-lui toi-même, en mon nom, que je suis prête à agréer sa recherche... mais que je demande à le voir, à le connaître...

esther. Il n'en est pas besoin... vous le connaissez... vous l'estimez... vous le voyez presque tous lesjours...

la marquise. Qui donc? achève.

esther. Je ne puis, car voici du monde qui vous arrive.

uis domestique, annonçant. Monsieur TimothéeDixori. la marquise. 0 ciel! laisse-nous!

esther. Oui, matante, je vous laisse (A demi-voix.) avec un de ses amis!

la marquise. Que dis-tu ?

esther, s'enfwjant. Adieu ! {A part.) Je vais écrire à M. Japhet, aj,i nom de ma tante. {Elle sort.

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