CHARLES-QUINT, MARGUERITE
Marguerite, à part. Allons, à tout prix... maintenant, il faut partir pour la France! (Haut.) Je venais, sire, faire mes adieux à la reine et à Votre Majesté.
ciiarles-quint, à part. 0 ciel! (Haut.) Vous, princesse...
Marguerite. Toute espérance d'accommodements étant à jamais évanouie...
charles-quint. Pourquoi donc?
marguerite. Je viens vous demander, sire, la permission... de quitter Madrid.
charles-quint. Pourquoi, de grâce, vous hâter?., qui vous dit que le roi votre frère ne réfléchira pas, surtout si vous restez prés de lui, si vous calmez, par votre vue et vos paroles, un premier mouvement d'irritation ut décolère.
Marguerite. Le roi de France ne cédera pas.
charles-quint. Qu'en sait-il lui-même?
Marguerite, Il eu a fait le serment ! et je ne resterais près de lui que pour le lui rappeler; je prie Votre Majesté de me faire donner un sauf-conduit.
ciiarles-quint. Ainsi. ..c'est vous qui voulez que votre frère reste captif!
MARGUERITE. Olli, SirC...
ciiarles-quint. Ce frère que vous aimez tant...
MARGUERITE. Olli, sil'C.
ciiarles-quint. Et si j'y mets la même obstination? marguerite, avec fermeté. Ce sera une captivité éternelle!
CIIARLES-QUINT, c//V(///';. Lien h I le !
MARGUERITE, de même. A la face de l'Europe et de tous 1 s princes de la chrétienté! mou s uif-conduil, sire? CHARLES-QUINT. Cil instant...
MARGUERITE. Je ne resterai pas un instaul de plus à Madrid. ciiAiii.ES-Qi ini. Mais permettez...
MARGUERITE. Je veux partir!
CHARLES-QUINT, arec impatience. E! si je ne le veux pa . ? marguerite, à part. 0 ciel!., preten lraii-il à préwnt me retenir?
charles-QUINT, avec émotion. Q lançl vous a corderiez encore quelques jours... non pas a moi, mais à ce' frère, qui
réclame votre tendresse et vos soins... ne scriez-vous pa? bien à plaindre?..
marguerite. Ce n'est pas moi que je plains, sire. . . c'est vous !
charles-quint; Moi !..
margueiîite. Qui, contre le droit des gens, voulez retenir une femme prisonnière.
charles-quint. Moi !..
marguerite. Prisonnière à votre cour...
ciiarles-quint. A merveille!.. Votre Altesse ne va-t-elle pas me traîner au ban de l'Europe et m'aceuser de b irbaric ou de despotisme?., elle qui, depuis une heure, lient t te à Charles-Quint... sans daigner même l'entendreet lui accirder audience!..
MARGUERITE. J'écOUtC, si re. . . j'écoute. . .
ciiarles-quint. Je parlais tout à l'heure de princesses... qui n'ont ni énergie, ni capacité politique... Votre Altesse n'est pas de celles-là. Elle, eût fait un ministre plénipotentiaire précieux:...
Marguerite. Parle talent?
ciiarles-quint: D'abord , et par l'obstination. Vous ne cédez sur rien.
marguerite. Eh! mais... ni vous non plus, sire.
chaules quint. Peut-être!., je rêvais te- ut à l'heure une combinaison politique difficile... mais non pas impossible... extraordinaire... bizarre peut-être... je ne les déteste pas! nouvel ultimatum que je voulais soumettre, non pas au roi François 1er, nous sommes brouillés, mais à la régente de France, votre mère.
marguerite. Quelque cession équivalente, à la Bourgogne?
ciuri.es-quint. Peut-être! ce que je désire... c'est que nous causions tous deux de cette négociation, et que vous m'en donniez votre avis. C'est pour cela que je vous prie, princesse, de vouloir bien rester encore huit ou dix jours à 1 1 cour de Madrid. L'infante Isabelle prétend que vous devez, demain, lire à sa soirée un conte charmant... je voulais dire un conte de vous... vous le lui avez promis, et nous réclamons à notre tour la foi des serments..'. (S'inçlinant.) Je demande à Votre Allesse la permission d'expédier des dépêches que doit attendre Babieça. (// salue respectueusement Mar- (jucrite et sort.)