‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 736 sur 1121 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les précédents, EMMELINE.

emmeline, sans voir d'abord Rinville. Mon papa!

LES PREMIÈRES AMOURS

mon papa! qu'est-ce que cela veut dire? le suis tout émue, toute tremblante; il y a en bas un homme qui demande à vous parler.

dervière. Et qui donc encore?

emmeline. Un étranger, un Allemand, M. Zacharie : il m'a annoncé que mon cousin allait peut-être arriver.

rinville, à part. Me voilà bien.

emmeline. Et c'est pour cela qu'auparavant il veut, dit-il, vous parler, à vous, pour une affaire qui concerne votre neveu, M. Charles.

derviere, se retournant vivement, à Rinville. Pour loi? (Se reprenant.) Dieu! qu'ai-je fait!

emmeline. Ah! mon Dieu ! qu'avez-vous dit?

derviere, cherchant à se mettre devant Rinville. Rien, mon enfant, rien, je te prie.., Je parlais à Monsieur, qui est un étranger, et qui se trouvait là par hasard.

emmeline. Non, non vraiment, vous me trompez; ce que vous lui disiez tout à l'heure, votre trouble, votre embarras, ses yeux fixés sur les miens; c'est ainsi qu'il me regardait. (Courant à lui.) Charles, c'est toi!

derviere. Là! elle l'a reconnu.

EMMELINE ET RINVILLE.

Air de Jeannot et Colin.

Beaux jours de notre enfance, Vous voilà revenus,

ENSEMBLE

EMMELINE

C'est lui! de, sa présence Tous mes sens sont émus.

RINVILLE.

De sa douce présence, Que mes sens sont émus!

ENSEMBLE

Beaux jours de notre enfance, Vous voilà revenus.

emmeline. Comment, c'est toi ! que je te regarde encore; c'est que vraiment il est bien changé, n'est-ce pas, mon papa? Mais c'est égal, c'est toujours la même physionomie, et surtout les mêmes yeux, ces choses-là restent toujours; et vous, Monsieur, comment me trouvez-vous?

rinville. Plus jolie encore que je ne croyais! au point qu'il me semble vous voir aujourd'hui pour la première fois.

emmeline. Vraiment! ah dame, je ne suis pas changée comme vous.

rinville. Et vous m'avez reconnu?

emmeline. Sur-le-champ ; d'abord rien qu'en entrant et sans savoir pourquoi, j'étais un peu agitée; c'était un pressentiment qui me disait : Il est là.

dervière. Pour moi, je n'ai en aucun pressentiment; et s'il ne m'avait pas dit son nom en toutes lettres.

emmeline. Vous! mais moi, c'est bien différent; il est des sympathies qui ne trompent jamais; et si ma pauvre tante Judith était là, elle vous expliquerait... Mais j'oublie ce monsieur qui est en bas, et qui avait l'air si impatient.

dervière. Je vais le conduire dans mon cabinet, et puisque tu ne connais point ce M. Zacharie, voir quelles sont ces affaires qui peuvent te concerner. (A Rinville qu'il conduit à gauche du théâtre.) Je te laisse avec ma fille, avec ta cousine, sur la lui des traités, et j'espère bien que lu ne lui parleras pas d'amour, lu m'en donnes ta parole.

rinville. Je vous jure que Charles ne lui en dira pas un mot.

dervière. C'est Lier:! je suis tranquille, et même, si tu trouvais moyen de lui déplaire et de l'éloigner de loi . cela ne serait pas mal, cela irait à notre but.

rinville. Fiez-vous à moi, j'arrangerai cela pour le mieux.

Page 1