SCÈNE VI
MADAME LOCARD, AUGUSTE.
madame locard. Il parait que vous connaissez beaucoup ce monsieur; j'en suis charmée; car vous n'ignorez pas l'amitié, rattachement que mon fils a pour vous; sou intention est de vous garder avec lui... Silence, le voici.
SCÈNI< VIL Les précédents, ALEXANDRE.
Alexandre, à Auyuste. Vous voilà encore ici, Monsieur ! vous pouvez sortir; dès ce moment vous ne laites plus partie de mon étude.
madame i.ocard, à part. Ah! mon Dieu, qu'est-ce qu'il fait donc?
auguste. Vous me renvoyez, et pourquoi?
Alexandre. Pourquoi? c'est affreux ! c'est abominable! heureusement, j'ai retenu un colère...
LA CHARGE A PAYER
madame locard. Cest donc cela que nous avons si bien entendu.
Alexandre. Il n'y avait peut-être pas de quoi ? Apprenez que, dans le contrat de vente qu'il m'a remis tout à l'heure, j'ai trouvé un brouillon de lettre; et cette lettre était adressée à Amélie, votre filleule.
madame locakd. Il se pourrait!
aucuste. Je suis perdu !
Alexandre. Ce n'est rien encore; apprenez que mademoiselle Amélie n'est point insensible.
auguste. 0 ciel! elle vous aurait dit...
Alexandre. Oui, Monsieur, elle me l'a dit à moi, par-devant notaire.
auguste. Ah ! que je suis heureux, que je vous remercie, mon patron! vous pouvez me renvoyer si vous voulez, ça m'est égal.
Alexandre. Oui, Monsieur, vous sortirez à l'instant même.
madame locard. Y pensez-vous? il faut encore le ménager; je vous dirai pourquoi. (Prenant Auguste à fart.) Venez ici, monsieur Auguste; vous è'.es un
LAGNY. — Imprimerie de Yialat el Oie. — A« <2.
étourdi) un imprudent. Heureusement, j'ai parlé en votre faveur; vous resterez avec nous. Conduisez-vous bien, et nous verrons par la suite... (Alexandre va s'asseoir auprès de la cheminée.)
auguste. Quoi! Madame, il se pourrait!
madame locard. J'y mets une condition qui va stimuler votre zèle; le mariage de mon fils doit précéder le vôtre.
auguste. Dieux! quel espoir! Avant huit jours, mon notaire sera marié. Je vais le proposer à tout le monde. Je vais le vanter dans toutes les sociétés.
Air : L'amour qu' Edmond a su me taire. Dans les salons, dans les bals de familles,
Prônant mon notaire à l'envi, J'inviterai veuves et jeunes tilles, Je parlerai de lui, rien que de lui; Et de leurs cœuis préparant la conquête,
Valsant avec intention,
Je leur ferai tourner la tète
Pour le compte de mon patron.
Mais voici un client. Je me sauv.
LA CHARGE A PAYER