‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 802 sur 1121 · ALEXANDRE, MADAME LOCARD, M. PLACIDE · texte numérisé non relu

ALEXANDRE, MADAME LOCARD, M. PLACIDE

madame locard, allant à Alexandre, qui, 'pendant toute la fin de la scène précédente, est resté près de la cheminée, la tête appuyée dans ses mains. Mon fil , prenez donc garde, c'est un client. [Alexandre se lève et salue M. Placide.)

placide. C'est un ami de collège qui m'envoie à vous, M. Martin.

madame i.ocaf.d. Ah! oui... (Bas, à Alexandre.) Ce gros imbécile, qui vous a prêté des Tonds.

Alexandre. Soyez le bienvenu, Monsieur.

placide. On m'a dit que je pouvais m'adresser ici en toute confiance. Je suis monsieur Placide. J'habite Fontainebleau, où j'ai fait une succession. . Alexandre, vivement. Une succession !

placide. Oui, Monsieur; j'ai perdu un arrière-cousin, j'ai cru que j'en mourrais...

madame locard. De chagrin?

placide. Non, de fatigue. Qu'une succession est une chose terrible à recueillir! que de peines! que de soins! pour moi surtout qui n'aime pas à me d ranger. Enfin, j'y ai résisté; j'ai pris mon parti et mon argent; et je me trouve avec cent mille écus dont je ne sais que faire.

madame locard. Cent mille écus!

placide. Ils sont la, et ça me pèse terriblement, quoique ce soit en reconnaissances sur la banque de France. Je voudrais donc trouver quel pie bon emploi de mes capitaux, car ils ne peuvent pas toujours rester placés dans ma poche.

Alexandre. Prenez du ti rs consolidé à 4 01 fr. 50 c.

placide. C'est trop cher; et puis d'ailleurs toute ma fortune est déjà en rentes sur l'Etat. Dieux! que les pauvre; c ipitalistcs sont â plaindre! Depuis ce malin, nia tète travaille. Je suis sûr que j'ai un commencement de fièvre cérébra'e,

madame locard. Allons, allons, cessez de vous tourmenter. J'ai une proposition à vous faire. Noussommcs bien aises de répondre à la confiance de votre ami et à la vôlre.

placide. Madame...

madame locard. Si vous voulez, mon fils se chargera de votre argent, pour trois ou quatre ans. Vous voulez des garanties, c'est trop juste. D'abord, mon fils a son étude; ensuite, il est cautionné par son frère l'agent de change.

Alexandre. C i, c'est vrai, (A part ) et réciproquement.

placide. Au fait, un notaire, un agent de change, je cumulerai toutes les garanties possibles; et dans la même famille, sans aucun déplacement.

madame locard, à Placide. Eli bien! qu'en pensezvous?

placide.

Ain : Dieu tout-puissant pur qui le, comestible. Comment! j'accepte avec recoii naissance.

MADAME LOCARD.

Du nous, je crois, vous seraz satisfait.

ALEXANDRE

Je veux répondre à votre confiance :

Daignez passer jusqu'à mon cabinet.

PLACIDE

Dé| ôchons-nous .. la chance est plus certaine; Sur nous jamais l'argent ne doit rester, l> peur qu'hélas! un voleur ne le prenije,

(A part.)

Ou qu'un ami ne yîenne l'emprunter.

ENSEMBLE

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