‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 832 sur 1121 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les précédents, JEANNETTE.

jeannette. Eh! mon Dieu, qu'y a-t-il donc?

thibaut. N'as-tu pas vu à la maison un papier que j'ai laissé traîner?

jeannette. Oui, Monsieur, c'est moi qui l'a pris.

thibaut, à Jenny. Vous le voyez bien. (A Jeannette.) Donne-le-moi vite; notre fortune en dépend.

jeannette. Moi ! vous le donner! Fi! Monsieur, fi ! vous dis-je. Je me le suis fait lire, ce papier; et vous, devriez avoir honte... qu'est-ce que cela signifie?., un homme marié avoir des valeurs comme celle-là en portefeuille! (Pleurant.) Ah bien! si mon père le savait...

thibaut. Taisez-vous, madame Thibaut; c'est un recouvrement! et vous qui parlez, si ce matin vous n'aviez pas faitdesdépenses, je n'aurais pas été obligé de prendre des effets comme ceux-là en paiement.

jenny. Enfin, Jeannette, voyons ce papier; j'espère qu'à moi vous pouvez bien le confier.

jeannette. Oh ! mon Dieu, Madame, je ne demanderais pas mieux; mais je ne l'ai plus.

thibaut. Elle ne l'a plus!., je suis ruiné.

derville, à part. Je respire.

jeannette. C'était une petite feuille en long, mais pire qu'un billet doux ordinaire, parce que c'était sur papier timbré.

thibaut. Et comment savez-vous ça?

jeannette. Parce que j'ai rencontré le major Valbrun, que j'ai prié de me le lire.

jenny. Le major!

j derville. C'est fait de moi.

jeannette. Alors il m'a diten riant : « Mon enfant, I si vous voulez me passer ce billet-là à mon ordre, je vais vous l'escompter. » Moi, qui ne savais pas ce que c'était, je lui ai dit : « Je ne demande pas mieux; » alors, c'est drôle, il m'a donné un baiser.

thibaut. Bravo! c'est le second d'aujourd'hui.

jeannette. Et moi je lui ai laissé le papier.

derville. Ah ! grands dieux ! entre les mains du major! un billet au porteur!

jenny. Là, Monsieur, vous en convenez donc?

derville. Oui, morbleu!., mais je vais retrouver le major.

» morceau d'ensemble.

A n : Pour tromper un pauvre vieillard (du Tableau parlant.)

jenny, à Derville.

C'est affreux! c'est indigne à vous!

Abuser du cœur le plus tendre! Non, je ne veux plus rien entendre, Je n'écoute que mon courroux.

jeannette, à Thibaut C'est affreux! c'est indigne à vous!

Voyez quel mari doux et tendre ! .

Mais je ne veux plus rien entendre, Je me moque de son courroux

derville, à Jenny.

C'est affreux! c'est indigue à vous!

Mépriser l'amant le plus tendre!

Ce billet! je veux le reprendre, Ou, s'il refuse de le rendre, Qu'il redoute tout mon courroux.

thibaut, à Jeannette.

C'est affreux! c'est indigne à vous!

Quand ma fortune en peut dépendre!

LE BAISER AU PORTEUR

Ce billet ! vous le laissez prendre !

Je n'écoute que mon courroux.

(Derville sort par le fond. Jeannette par la gauche, et Thibaut par la droite.)

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