SCÈNE IX
Les précédents, DERVILLE.
derville, à Jenny. Je suisau comble de mesvceux!.. Dès que j'ai eu appris à votre tante que j'avais obtenu mon pardon, elle a donné son consentement; et dès aujourd'hui je serai votre époux.
thibaut. Qu'est-ce que j'apprends là?
Ara : Gai Coco.
(A Derville.) Vous épousez Madame!
(A Jenny.) C'est vous qui s'rez sa femme ; Que j'en ai d' joie dans l'àme !
De moi 1' ciel a pitié.
JENNY
Eh! mais, que veux-tu dire?
THIBAUT
C'est tout c' que je désire, De moi l'on n' peut plus rire, Car je serai payé.
JENNY
Comment?
THIBAUT
Surprise extrême!
C'est mon débiteur lui-même.
C'est lui qu'a pris, Madame, Ce baiser a ma femme!
Plus de peine, Quelle aubaine !
Quel bonheur peu commun!
Que j' sis fàehè, morguenne!
Qu'il n'en ait pris qu'un.
jenny. Eh bien! vous entendez, Monsieur?
derville, à part. Je suis perdu... (Affectant un air tranquille.) Qu'est-ce que cela veut dire ?
jenny. Cela veut dire que je n'ai point oublié nos conventions, et que je retire ma parole.
thibaut. Non pas, Madame, non pas ! il ne faut pas vous en aviser, parce que vous sentez bien que ma créance... .(Se fouillant.) Eh bien! où est-il donc, ce maudit billet?
derville, à part. Dieu! s'il l'avait égaré! (Haut.) Vous voyez bien, Madame, que cet imbécile-là ne sait ce qu'il dit ; il est ivre, ou il a perdu la tète, et je le défie de nous montrer ce papier dont il parle. (Le menaçant de loin.) Fais-le donc voir, si lu l'oses.
jenny. C'est votre présence qui l'intimide; mais je lui déclare, moi, que ma protection est à ce prix, et qu'il n'aura le bail de la ferme qu'au moment où il me remettra ce billet.
thibaut, se fouillant toujours. Oh ! vous l'aurez, Madame, vous l'aurez... Dire que je l'avais encore là tout à l'heure! je l'aurai laissé sur la table... Ah! voilà Jeannette... ma femme; viens ici, madame Thibaut.