‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 850 sur 1121 · GUSTAVE; AGATHE · texte numérisé non relu

GUSTAVE; AGATHE

agathe. Quoi ! Monsieur, vous êtes encore au salon? vous nous aviez quittées pour faire de la musique, et, n'entendant point le piano, je vous croyais sorti.

gustave. Non, je n'avais pas encore commencé. {Apart.) Dieu ! que c'est gênant que mon oncle soit là !

agathe. Eh bien! voulez-vous que nous essayions ensemble ce dernier duo d'Auber?

gustave. Si vous l'exigez, Madame, je suis à vos ordres; mais j'ai tant de choses à vous dire!

agathe. A moi? {Gourville sort du cabinet, et se tient \ dans le fond de l'appartement, où il entend la conversation.)

gustave. Oui, je veux vous parler du sujet qui m'intéresse le p'us au monde, et duquel dépend mon bonheur. Vous vous doutez bien, Madame, qu'il s'agit de vous.

agathe. Je croyais que vous m'avie» promis tout à l'heure de garder sur ce chapitre-là le silence le plus absolu.

gustave. Je vous le demande, est-ce possible? oui, Madame, parlez, exigez des preuves, des sacrifices. Vous prétendez que j'aime le monde; je l'abandonne pour vous, je renonce à Paris, à tous ses plaisirs. Les lieux que vous habitez seront désormais les seuls qui puissent me plaire, vos goûts seront les miens, vos ordres seront ma loi suprême; et, pour prix de ma tendresse, je ne vous demande qu'une chose.

AGATHE. Et C'est?

gustave. De m'assurer que mon amour ne vous est pas indifférent.

agathe. En vérité, je l'ignore ; mais quand je le saurai, je vous promets de vous le dire.

gustave. En attendant, puis-je espérer que vous m répondrez pas à la demande de mariage que l'on vous a adressée ce matin?

agathe. J'ai déjà répondu, ma lettre est écrite.

gustave. Et vous l'enverrez?

agathe, souriant. Peut-être; tenez, elle est là-haut, dans mon appartement, sur mon bureau ; allez la chercher, et nous verrons ce qu'il faut en faire.

gustave, lui baisant la main. Ah ! que je suis heureux! {H entre dans l'appartement à droite.)

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