‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 859 sur 1121 · SCÈNE XX · texte numérisé non relu

SCÈNE XX

Les précédents, GOURVlLLE.

gourville. Corbleu! qu'est-ce que c'est qu'une pareille plaisanterie? Deux lieues en un quart d'heure! et j'avais beau crier : Arrête! arrête! portillon!.. Air : Ces postillons sont d'une maladresse. Sans m'écouter il courait ventre à terre. Comme le veut il devait m'entrainer.

GUSTAVE

Ce n'était rien, calmez votre colère, Car c'est moi seul qui venais d'ordonner.

GOURVlLLE.

Gommant, c'est toi qui m'as fait pronuner?

GUSTAVE

Pour m'obéir il était à son poste, (Montrant Agathe.) Mais appren z qu'enfin j'obtiens sa main : Pendant que vous eouriez la poste, J'ai fait bien du chemin.

agathe. Oui, Monsieur, apprenez notre bonheur.

gustave. Partagez notre ivresse.

agathe. Nous nous sommes expliqués.

gustave. Nous nous sommes tout avoué.

agathe. Il ne voulait pas trie tromper.

gustave. Elle n'aime que moi.

gourville. Comment! il se pourrait? voyez pourtant ce que c'est de s'entendre !

agathe. Mais nous n'oublierons jamais votre généreuse amitié.

gustave. Ni vos excellentes intentions.

agathe. C'est à vous que nous devons tout.

gustave. Notre bonheur est votre ouvrage.

gourville. Eh bien! eh bien! mes enfants, qu'estce que je voulais? qu'est-ce que je demandais? de vous voir unis; et pour en arriver là, je peux me vanter que vous m'avez donné assez de mal.

Gustave. 0 le meilleur des parents!

gourville. Oui, tu as raison, le meilleur des parents, car tu ne sais pas encore tout ce que je te donne.

gustave. Non, mon oncle, je vous l'ai déjà dit, et je vous le répète encore, je ne veux rien de vous ni de votre fortune.

gourville, à Agathe. Concevez-vous qu'il ne veuille même pas me laisser la satisfaction de lui faire un sort? mais, corbleu, si vous refusez mes bienfaits, il faudra bien que vous acceptiez ceux de mon ami le commandeur. (A Agathe lui donnant le testament.) Tenez : légataire universelle, et cent mille livres de rentes.

agathe. 0 ciel! que dites-vous?

gourville, frappant sur l'épaule de son neveu. Oui, mon garçon, cent mille livres de rentes.

Gustave, froidement. Ah ! tant mieux.

GOURVILLE

Air de Turenne.

De ma surprise, plus j'y pense,

Je ne puis revenir encor, Avec ce calme et cette indifférence

Tu reçois un pareil trésor.

Gustave, auec tendresse, prenant la main d'Agathe. C'est que déjà j'étais propriétaire D'un bien qui rend les autres superflus;

Et qu'importe un trésor de plus,

Lorsque l'on est millionnaire?

agathe, qui a lu le testament. Grand Dieu ! d'après ce testament, votre oncle avait des droits sur ma main, et il y a renoncé en votre faveur.

gustave. Comment! me céder une pareille femme et une pareille fortune!

gustave et agathe. Ah! leboiioncle, l'excellent oncle!

gourville. Oui, mon ami, voilà comme je suis.

VAUDEVILLE

Air nouveau de M. Ileudier.

AGATHE

Ce testament, lorsque j'y pense, Pourra faire plus d'un jaloux; Je lui devrai notre opulence, Mais mou bonb.;ur dépend de vous :

Prenez garde, car en ménage, J'entends dire que bien souvent,

L'HÉRITIÈRE

Par un contrat de mariage, L'amour a fait son testament.

GOURVILLE

J'ignore si du mariage

Je formerai les nœuds charmants ;

(A son neveu.) Quoi qu'il en soit, mon héritage Ne peut manquer à vos enfants.

Pour les actes devant notaire.

Je m'en tire assez galamment; Mais pour ceux qu'on passe à Cythère, J'ai déjà fait mon testament.

GUSTAVE

Vaincu par l'esprit et la grâce, Près de vous le bonheur m'attend ;

Adieu l'inconstance et la chasse; Jadis c'était bien différent; En campague ou bien eu conquête, Des qu'où me voyait .. sur-le-champ De' rivaux faisaient leur retraite, Et les perdreaux leur testament.

acathe, au jmblic.

L'auteur m'a dit avec trist sse (De frayeur se sentant mourir) :

Je donne et lègue cette pièce Au public, s'il veut l'applaudir. Cette clause est très-nécessaire, L'acte serait nul autrement ; Ah! Mes-ieurs, prouvez qu'au parterre Vous acceptez le testament.

LE CHATEAU DE LA POULARDE

LE CHATEAU DE LA POULARDE

COMÉDIE-VAUDEVILLE EN UN ACTE

Représentée, pour la première fois, a Paris, sur le théâtre du Gymnase dramatique, le 4 octobre 1634.

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