‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 880 sur 1121 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

PACOLET, NANETTE, sortant d'une chambre de côté.

nanette. Oui, Monsieur, je vous en apporterai demain une cloyère. Vous savez que je suis toujours à la porte de l'hôtel.

pacolet. Tiens, c'est ma prétendue! bonjour, mam'selle Nanetlc! (S'essuyant la bouche.) Elle n'était pas assez cuite.

nanette. Qu'est-ce que tu fais donc là?

pacolet. Veux-tu m'en ouvrir une petite douzaine? Je te donnerai en paiement douze baisers! ça fait-y ton compte?

nanetie. Comme t'es gourmand !

pacolet. Gourmand ! parce qu'on aime les bonnes choses.

nanette.

Air du vaudeville du Petit Courrier.

Ce n'est pas ainsi qu' tu m' plairas, J'veux qu' mon mari soit plus aimable, Et qu'il n' soit pas toujours à table : L'amour, Monsieur, ne mange pas!

C'te gourmandise est trop précoce; Des P matin il n' songe qu'à c'ia; Et Monsieur n'aspire à la noce Que pour mieux dîner ce jour-là.

pacolet. Si on peut parler ainsi! Je n'ai pas encore fait mon déjeuner, et voilà le quatrième que j'apprête. Je m'en vas les remettre encore au feu !

nanette. Eh! laisse là tes pommes, et parle-moi.

pacolet. Tu ne sais donc pas que c'est pour votre protégé, ce beau vilain petit seigneur, qui depuis deux jours qu'il est ici, ne fait que chanter. Veux-tu l'entendre : Ah! ah! Oh! oh!

nanette. Moi, je trouve ça ben gentil; et puis, il ne chante pas toujours! Tu ne sais donc pas? hier, pour une simple commission, voilà ce qu'il m'a donné!

pacolet. Un louis d'or!

Air :

Et si t'avais vu d' quell' façon!

Quel air aimable et bon !

Oh ! ma fin', c'est payer trop bien ;

Moi, j' n'ai pas d'avarice...

Et fùt-c' même pour rien,

J' sis toute à son service!

pacolet. Eh bien! voilà ce que je n'entends pas!

nanette. 11 est toujours plus aimable que ces messieurs du n° 3, que tu aimes tant.

pacolet. Ah! ceux-là, quelle différence! ce sont des gens distingues, des auteurs, enfin.

nanette. Et qu'est-ce qui; c'est qu'un auteur?

pacolet. Ah dame! un auteur... pour l'expliquer

FARTNELLI.

cela à toi... un auteur, c'est un métier comme un autre ! comme le tien ! comme le mien, par exemple !

nanette. Comment, un auteur, c'est comme un traiteur !

pacolet. Non, mais ça se ressemble, c'pendant.

Air du vaudeville d'Arlequin Musard.

Toujours dans sa tête il mitonne

L' moyen d' faire d' nouveaux ragoûts!

De son mieux il les assaisonne,

Afin d' contenter tous les goûts.

Mais d' nous en un point il s'écarte :

D' peur qu' son repas n' soit mal tourné,

Il a soind' faire payer la carte

Avant de servir le diné.

Ce sont eux qui me donnent tous les soirs des billets de spectacle; et vu la manière dont je me suis montré dans cette pièce qui n'a fait que paraître, ils m'ont promis une dot sur leur premier ouvrage qui réussira!

nanette. Ah! bien, oui! moi, moi, je ne veux pas attendre aussi longtemps que ça.

pacolet. Ah ! est-elle pressée, est-elle pressée !

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