‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 921 sur 1121 · GUSTAVE, LA BARONNE · texte numérisé non relu

GUSTAVE, LA BARONNE

Gustave. Hé bien ! parle vite : quelle preuve peux-tu me donner de sa tendresse?

la baronne. D'abord, tout à l'heure, et sans te ciiinaître, je lui ai proposé de te faire pendre.

gusïavè. Hé bien?...

la baronne. Hé bien! elle a refusé.

Gustave. Sans hésiter?

la baronne. Sans hésiter.

Gustave. C'est déjà quelque chose ; car ce matin elle aurait accepté.

la baronne. Après, je lui ai dit du mal de toi, et elle fa défendu.

Gustave. 11 serait vrai!., cette chère Poleska!.. cependant son ressentiment eût été si naturel!

la baronne. Enfin, je lui ai proposé de faire casser son mariage...

Gustave. 0 ciel!

la baronne. Je lui ai dit qu'elle n'avait qu'à forme]' sa demande.

Gustave. Qu'a-t-elle répondu?

la baronne. Elle a demandé à réfléchir. Elle balance, elle hésite, ou plutôt elle n'hésite plus.

GUSTAVE

Air : Que d'établissements nouveaux.

Malgré mes torts, tu crois ici Que son cœur me reste fidèle, Et qu'elle aime encor son mari.

la baronne.

Franchement, je le crains pour elle ; Elle est capable de t'aimer ; 1 Car lorsqu'une femme jolie Réfléchit, on peut affirmer Qu'elle va faire une folie.

Gustave, avec joie. Ah! j'ouhlic tout, je pardonne tout; si l'amour a pu triompher et de son caractère et du désir de la vengeance, tout espoir n'est pas perdu; et je puis être encore le plus heureux des hommes!

la baronne. Tais-toi... on vient.

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