‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 932 sur 1121 · BAPTISTE · texte numérisé non relu

BAPTISTE

C'est par trop tôt. Un jour peut-ètre,-

De soi-même cela viendra;

Mais faut au moins 1' temps d' se connaître.

camille. Quelle contenance aurai-je en présence de cet élranger?

baptiste. Comme disait madame votre mère, il faut d'abord vous tenir droite, et puis lui faire des petits airs, des mines en dessous, comme font toutes les demoiselles qui veulent devenir des madames.

camille. Jamais! ça m'est impossible, j'aime mieux retourner à la ferme.

baptiste. Ne vous en avisez pas, Mademoiselle, ça

romprait le mariage, et ça ne ferait pas notre compte, à moi, surtout, qui ai depuis si longtemps un fameux projet.

camille. Et quoi donc?

baptiste. Vous savez, Mademoiselle, que je suis la sagesse et la sobriété en personne, et que je ne vais jamais au cabaret, pas même le dimanche.

camille. Oui, après; je sais qu'on ne peut que te louer.

baptiste. Eh bien! au contraire; les autres se moquent de moi, et parce que je ne vais pas boire avec eux, ils m'appellent cafard, ce qui est désagréable; aussi pour rétablir ma réputation, j'ai là une idée.

Air du vaudeville de l'Ecu de six francs. .

Je puis me vanter qu'elle est bonne ;

Le jour où l'on vous mariera,

C'est décidé, faut que j' m'en donne.

Oh ! oui, Mam'self , j' vous dois bien ça.

Pour vos bontés j' vous dois bien ça.

Depuis longtemps v'Ià que j' m'apprête,

Et c'est en fidèl' serviteur,

L' jour où vous perdrez votre cœur.

Que moi je veux perdre la tète.

L' jour où vous perdrez votre cœur,

Oui, moi je veux perdre la tète.

(On sonne au dehors.)

Oh! mon Dieu ! on sonne à la grille. Un jeune homme à cheval, c'est lui; c'est le prétendu.

camille. C'est fait de moi. (On sorine dans l'intérieur.)

baptiste. Voilà Monsieur qui sonne. (On entend en dehors : Baptiste! Baptiste!) Voilà Madame qui m'appelle. (On sonne encore.)

camille. Et moi je m'enfuis. (Elle sort.)

Page 1