‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 931 sur 1121 · CAMILLE, BAPTISTE · texte numérisé non relu

CAMILLE, BAPTISTE

camille. Qu'est-ce qu'ils ont donc tous? Ces préparatifs, ce déjeuner, cet air de joie et de mystère...

baptiste. Comment, Mademoiselle, vous ne devinez

Camille. Eh! non, sans doute; et si tu le sais, disle-moi vite.

baptiste. On m'a bien défendu d'eu parler; mais comme ça vous regarde, et qu'on ne peut rien sans vous, faudra toujours que vous le sachiez. (A demivoix.) On va vous marier.

camille. Moi? ah! mon Dieu! qu'est-ce que tu me dis là? Je n'y avais jamais pensé. Et pourquoi me marier? et à quoi bon?

baptiste. Comment! ça ne vous fait pas plaisir?

camille. Au contraire; ça me fait peur, et me voilà toute tremblante. Pourquoi m'en as-tu parlé? pourquoi m'as-tu dit cela?

baptiste. Parce que le prétendu va arriver. Un beau • jeune homme qui est bien aimable; car on dit qu'il est joliment riche, et il faut vous préparer d'avance," pour tâcher de lui plaire, tout naturellement.

camille. Ah! mon Dieu! voilà qui est encore pire; et je devine maintenant les recommandations de ma mère, la toilette qu'elle m'a préparée, la harpe qu'on aaccordéece malin ; on vamefaire chanter devant lui.

Air du vaudeville de Oui et Non.

Dieu ! quelle gène, quel ennui, C'est mon parrain qui le protège ; Un ami ; c'est bien mal à lui.

A ce jeune homme que dirai-je?

Sans le voir je le hais déjà.

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