‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 959 sur 1121 · RODOLPHE, CHAVIGNI · texte numérisé non relu

RODOLPHE, CHAVIGNI

rodolphe. Quel bonheur! il nous laisse! et pour cela vous n'avez eu qu'un mot à dire. Savez-vous que vous êtes un habile homme?

chavigni. Votre Altesse est trop bonne.

rodolphe. Ne perdons point de temps. Vous arrivez de France ?

chavigni. Ce matin même.

rodolphe. Vous avez communiqué à madame de : Surville les ordres dont vous êtes porteur?

chavigni. Oui, mon prince.

rodolphe. Dieu soit loué! Nous pouvons alors parler à cœur ouvert, et nous entendre tous trois. Venez, passons chez la marquise. Où est-elle?

chavigni. Avec dona Isabelle, la fille de l'envoyé d'Espagne.

rodolphe. Tant pis, c'est fâcheux ! Comme je crains que d'aujourd'hui je ne puisse rejoindre ni vous, ni la marquise, voici d'abord... (S'arrêtant.) Mais je ne sais comment vous demander ce service.

chavigni. Et pourquoi donc, Monseigneur, je vous prie de croire que je vous suis tout dévoué.

rodolphe. Voici d'abord les deux portraits en question; de ce moment ils ne sont plus à moi, et je vous prie de les remettre à qui vous savez.

chavigni. Quoi! vous voulez que je...

rodolphe. Je pense du moins qu'entre nous, entre jeunes gens, cela ne vous blesse en rien; sans cela...

chavigni. Comment donc, mon prince?

rodolphe. Pour parler maintenant de notre grande affaire, la présence seule de Moreno doit vous dire dans quel embarras je. me trouve. Grâce au ciel, je ne sais par quel bienfait l'envoyé de Saxe n'a pas encore paru, et ce retard nous a donné le temps de prendre nos mesures; mais, dans ce moment, il faut avant tout...

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