‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 997 sur 1121 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

SUZETTE, seule. Mon mari! je suis donc mariée? je ne puis le croire encore; et avec qui? Pauvre Bertrand ! m'aimer depuis deux ans sans me l'avouer, sans me le dire ! et comment ne m'en suis-je jamais aperçue? Ah! c'est que mon cœur et mes yeux n'étaient pas là. Pourvu qu'il n'ait pas de soupçons, pourvu qu'il ne se doute pas de l'amour d'Edouard. Heureusement notre jeune maître s'éloigne, et je veux tout oublier, oui tout, (Regardant le papier.) excepté ses bienfaits. Que je voie encore son écriture, et ce sera la dernière fois; oui, je le jure, la dernière fois que je penserai à lui ! Voici donc cet acte... 0 ciel! une lettre de lui ! (La lisant à la hâte.) « Tu es mariée, et « je n'ai pu l'empêcher ; mais si mon bonheur, si mes « jours te sont chers, il l'aut qu'avant mon départ je te « voie, nefùt-ce que cinq minutes. » (S'interrompant.) Qui? moi! jamais! (Lisant.) «Si tu y consens, si je « puis me montrer à tes yeux, ouvre le volet du pa- « villon. Si tu me refuses, songe que je suis là, sous « la fenêtre; que le fer est dirigé contre mon sein, et « que j'attends de toi la vie ou la mort : prononce. » — Ah! lu malheureux! il le ferait comme il ledit! et

c'est moi qui l'immolerais ! Non, quoiqu'il arrive!.. (Elle court à la fenêtre dont elle ouvre le volet.) On ■vient; est-ce déjà lui? Non, c'est Bertrand ; c'est mon mari.

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