M. DE BREMONT, SUZETTE
m. de bremont. Nous sommes seuls enfin, et je puis te remercier de ton courage et de ta générosité ; lu en seras récompensée, j'aime à le croire, et Bertrand te rendra heureuse; tu sais maintenant combien il t'aime; et malgré cet amour, tu as vu sa soumission; son respect, quand tu lui as dit que tu désirais me parler, rester seule Etvec moi.
suzette. Ah! je lui en sais gré; ce que vous m'avez dit, ce que je viens d'entendre, tout cela me rassure. Je pense, comme vous, que Bertrand est un honnête homme; je désire l'aimer, j'y ferai tout mon possible.
m. de bremcnt. Et tu y parviendras. (Après un instant de silence.) Je vais partir, Suzette, et j'emmène avec moi mon fils.
suzette fait un mouvement et se reprend. Ah ! tant mieux.
m. de bremont. Il n'a pas assisté à ton mairage. suzette. Je l'en remercie.
m. de bremont. Ce remercîmcnt-là, je le garde pour moi; car j'avais eu soin de l'enfermer à laclé, elje viens seulement tout à l'heure de lui rendre la liberté. Je donne à Bertrand et à toi, Suzette, ce pavillon qui est à l'extrémité de mon parc, et les trente arpents qui en dépendent: c'est bien peu, j'en conviens; mais j'ai craint que si l'on se doutait déjà de l'amour de mon fils, un présent plus considérable ne confirmât les soupçons; et avant de songer à la fortune de ton mari, j'ai songé d'abord à son honneur, à son repos : plus tard, je verrai.
suzette. Ah ! monsieur le comte, c'est déjà trop; et par une telle générosité, c'est porter préjudice à votre (ils.
m. de bremont. Que ta délicatesse se rassure, je lui ai montré cet acte; il l'a eu entre les mains, et c'est lui qui Ta signé et cacheté; tu peux donc l'accepter, et sans scrupule, (llprésente le paquet cacheté à Suzette, qui le prend.) Adieu, je te laisse chez toi, et avec ton mari. (7/ sort.)