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SCENE IX

VOLBERG, HORTENSE.

houtense. Tuer mon mari.. . par exemple!., passe encore si c'était moi, ce serait jusle... mais lui!., ah! le voici!.. ( Elle tombe assise sur le fauteuil, près de la table à droite .)

volberg, entrant par la gauche. Henriette, votre amie... vient de me dire, Madame, que vous me demandiez; que vous désiriez me voir; et je suis aceonru, me voici... parlez... parlez, de grâce...

hortense. Je le voudrais... et je n’ose..* volberg. Qui peut vous en empêcher?

hortense. Ce qui m’en empêche, Monsieur .. (A part.) Dieu ! que c’est gênant qu’il soit là.

volberg. J’étais décidé, si ma présence devait vous imposer la moindre contrainte... à m’éloigner pour toujours... (Hortense tourne vers lui un regard tendre et suppliant.) Votre bonté me rassure... votre regard me rappelle!.. je crois le voir du moins; et après m’avoir donné un tel espoir, vous ne voudriez pas me l’enlever... hortense. Oh! non. Monsieur...

volberg Je reste donc... et je peux vous ce dire que ee matin je n’osais vous exprimer même devant Henriette, votre amie... car c’est une position si embarrassante de ne pas être seuls.

hortense, regardant la porte à droite. Oh! oui, sans

doute.

volberg, avec joie. N’est-ce pas? En vous trouvant si belle, j’éprouvais une admiration mêlée de bonheur... et de crainte. Il me semblait qa’un si grand bien, un tel trésor ne pouvait jamais m’appartenir! Aussi, je ne vous demande pas de m’aimer comme je vous aime... je n'exige pas l’impossible... dites-moi senlemeBt que cet amour ne vous déplaît pas, que vous pourrez vous y habituer, et que vous consentez à m’écouter, dussiez-vous, comme en ce moment, ne pas me répondre.

hortense, à part, se levant. Dieu ! que c’est gênant qu’il soit là.

volberg. Vous baissez les yeux... vous vous taisez... prenez carde, je suis capable, si vous ne me démentez pas, d’interpréter ce silence en ma faveur. Je vais croire... qu’un amour si pur, si vrai, si respectueux... a fini par vous toucher... ( Voyant qu'elle se tait.) par vous inspirer quelque pitié... peut-être même quelque reconnaissance.

Air : Taisez-vous, amants , taisez-vous l premier couplet.

En vous parlant de mes vœux, je redoute ' L’indifférence et même le courroux !

Vous taire ainsi, c’est me dire : j’écoute 1 Taisez-vous encor!., taisez-vous.

Taisez-vous !

DEUXIÈME COUPLET

Silence heureux!., consentement suprême!

Aveu muet qui ferait des jaloux!

En vous taisant, c’est me dire : je t’aime :

Taisez-vous toujours!., taisez-vous,

Taisez-vous !

(S’élançant vers elle.) Hortense ! Hortense !.. hortense, se dégageant de ses bras , et toute trem-

blante passant de l’autre côté du théâtre. Eh bien... oui. Monsieur... je crois que... A voix basse.) je vous aime...

volberg, à voix haute. Vous m’aimez!

hortense, avec frayeur. Ah! mon Dieu! (Haut.) \ voire tour... je vous en supplie... taisez-vous...

volberg, avec transport. Eh! que me faut-il de plus! Hortense, tu es ma femme...

hortense, à voix basse. Oui, Monsieur.

volberg, de même. Tu es mon bien... mon trésor.. hortense, de même. Oui, Monsieur... (A part.) Mon Dieu, comme il parle haut!

volberg. Rien ne peul.plus nous séparer... tu es à moi... et cette main qui m’appartient, que je prpsse...

hortense. Ah! mon Dieu! (A part.) A la moindre faveur, a-t-il dit...

ENSEMBLE

Air de M. Ormille. (Loi salique.) volberg.

Toi, qui vois mon ivresse!

Peux- tu me refuser?..

Accorde à ma tendresse Un seul, un seul baiser!

HORTENSE, à part.

La frayenr, qui m’oppresse,

M’oblige à refuser.

Redoutons ma faiblesse Si j’accorde on baiser.

(Il embrasse Hortense. On entend de l’appartement un coup de pistolet. Hortense jette un cri d’effroi, se jette au-devant de son mari comme pour le préserver. (Musique en sourdine à l’orchestre.)

hortense, hors d'elle-même. Blessé!., blessé!.. volberg. Eh non vraiment! qu’avez-vous, de grâce?.. hortense. Alors, c’est l’autre... qui lui-même se sera tué !

volberg, s’élançant vers la porte à droite. Qu’est-ce que cela signifie?

HORTENSE, puis HENRIETTE et MARIA.

HORTENSE, tremblante. Un homme tué pour moi! . je suis perdue de réputation. (Apercevant Henriette qui entre avec Maria.) Ah! mes amies... si vous saviez!.. Henriette. Je sais tout...

hortense. C’est horrible !

maria. C'est inconcevable !..

Henriette. Je crois bien ! mon mari qui n’à pas été ce malin au Palais !

maria. Eh! non!.. M. d’Aranda...

Henriette. On te le rend... on n’en veut plus... reprends-le.

maria. Il n’est pas à Paris., il n’y est jamais venu!.. HENRIETTE, HORTENSE. Allons donc!

maria. Mon père vient de recevoir une lettre de lui... oh il lui demande ma main... il ne veut plus vivre que pour moi!...

hortense. Lui!., et là, tout à l’heure..* d’un coup de pistolet, il s’est tué!..

MARIA, HENRIETTE. Ah!..

maria. Courons!.. ( Elle se dirige vers la porte à droite qui s’ouvre ; Tolberg et Gabriel paraissent.) toutes trois. Qu’ai-je vu!..

D'ARANDA

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