SCENE VIII
ZARAH, MANUELA.
manuela. Serait-i) vrai, Zarah?.. et cette aversion que tu as montrée jusqu’ici contre le mariage .
zarah, souriant f Je n’en ai aucune... j’en ai seulement contre les maris que vous m’avez présentés, le comte de Médina et ses amis, qui m’acceptaient pour payer leurs dettes... le marquis Alvar de Zuniga, surtout... ce seigneur insolent qui me regardait comme un tribut appartenant au vainqueur !
manuela. N’en dis pas de mal, il a oublié ton insulte zarah. Je n’ai pas oublié la sienne... et si, au lieu d’un éventail, ma main eût porté une épée... Mais nous ne sommes que des femmes, on peut nous offenser sans courage et sans crainte.
manuela. Raison de plus pour choisir un défenseur. zarah. Je ne dis pas non.
manuela. Don Juan de Guimarens, dont on fait tant l’éloges ?
zarah. Permis à lui de se présenter.
manuela. Et tu accueilleras ses hommages? zarah. A une condition... c’est qu il me plaira... je ne ’en empêche pas...
manuela. Et déjà tu es prévenue contre lui. zarah, secouant la tête. Ah! si ce n’était que cela! manuela. O ciel ! tu es prévenue pour un autre ? zarah, souriant. C’est possible.
manuela. Et quel est-il?
zarah. Cela va vous étonner... je n’en sais rien je ne b connais pas.
manuela. Eh ! par Notre-Dame dcl Pilai-, où l’as-tu vu’ zarah. Je ne l’ai jamais vu... et cela n’empêche pas. . manuela. Miséricorde !.. doua Zarah, ma nièce a perdu i raison.
zarah, souriant. Je n’en voudrais pas répondro.
AIR
U existe un être terrible.
Protecteur magique et puissant;
A mes yeux toujours invisible,
Et près de moi toujours présent!
Tremblez!., peut-être il nous eutend!
Quand frémit le feullage,
C’est lui!
Lorsque gronde l’orage,
C’est lui !
Dans cette fleur que j’aime,
C’est lui !
Et jusqu’en mon cœur même...
C’est lui!
Toujours lui!
Oui,
Il existe un être terrible.
Protecteur magique et puissant, etc.
Oui, je le crains, et pourtant je l’attends!
Et lorsque loin de lui, je compte les instants...
Soudain...
( L'orchestre fait entendre le motif du premier air de Riccardo.)
CAVATINE
Je crois entendre Sa voix si tendre Qui vient me rendre Le trouble au cœur!
Et ce doux rêve Qu’amour achève.
Soudain fait trêve A ma douleur !
A mes regards sans jamais apparaître.
Il me suit... il m’appelle... et s’euvole soudain! Sous mon balcon, sous ma fenêtre,
Ce malin encor! . ce matin!..
Je crus entendre Sa voix si tendre, etc.
Oui ! oui, voilà le secret de mou cœur!
Voilà d’où vient mon trouble et mon bonheur !
manuela. Taisez-vous! taisez-vous, ma nièce... Si l’on pouvait soupçonner une pareille extravagance, que diraient les nobles seigneurs que voici et que vous avez tous dédaignés ?
MiînDBK,tkZARAH’ Sur te devant du théâtre; FR, LORENZO, ZUNIGA, entrant par le fond ; OTTAVK et FABIUS, sortant de l’hôtellerie, et prenant le caf sous la tente de l’hôtellerie.
zuniga, entrant en causant avec Lorenzo Je vous re mercie. Monseigneur, de la lettre que vous venez d’envoyer à mon hôtel.
FRA lorenzo. Elle était de don Juan de Guimarens ? zuniga. De lui-méme.
FRA lorenzo. Je m’en doutais...
zuniga. Mais, dans son impatience, il l’avait précédée... fra lorenzo. Lejeune don Juan est ici?
zuniga. Descendu à mon hôtel, où je viens de l’embrasser et de lui offrir l’hospitalité. C’est chez moi qu’il logera. Il s habille pour se rendre à la promenade du chàtcau, ou il espère rencontrer ces dames.
FRA lorenzo, aux deux dames à gauche. Que vous disais-je ?.. Je ne vous quitte pas, car je veuxétrç témoin de 1 enlievue! (Il continue à parler bas avec les deux dames, et remonte avec elles le théâtre en se vrome liant.) *
ottavio, à droite du théâtre. Ah! Guimarens est ici' zuniga, s approchant et à demi-voix. Au contraire cette lettre m’apprend qu’en ce moment peut-être d n existe plus!.. Un duel politique que l’on tient seovt et pour cause...
LE GU1TARRER0.
fabius, ün duel!
zuniga. Avec un Portugais... le jeune dur de Brugance, qui lui a donné un coup d’épée et qui a disparu... *On est a sa poursuite... et ce pauvye Guimarens... fabius. Ne viendra pas! »
zuniga. Un autre prendra son nom et sa place., et si vous me secondez...
fabius. Quel est ton dessein ?
zuniga. D’aller dans ma vengeance aussi loin que possible!.. N’importe à quel moment la ruse se découvre... il y aura dans cette aventure assez de scandale pour faire oublier la scène du soufflet... Silence! à vos rôles!