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SCENE II

RICCARDO, MARTIN, qui est entré pendant la scène précédente.

martin, froidement. Je la prends!..

riccardo, se retournant et poussant un cri de joie. Martip de Ximena!

martin. Qui vient réclamer ta promesse.

riccardo. Je la tiendrai... Tu es mon sauveur, mon seul

LACNÏ — Imprimerie de Vialàt et Cie. — 14'° I®.

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ami... viens, partons... il me tarde de quitter ce monde, où tout m'accable... Ces grands seigneurs, dont tu me disais avec raison de me défier... ils m’ont couvert de bonté, et maintenant ils refusent de me tuer!

MARTIN. Je sais... je sais... j’ai vu Zuniga qui, dans la joie du triomphe, m’a tout raconté... ta lettre, ton mariage, ton affront !

riccardo, avec douleur. Eli bien! ce n’est rien encore... elle refuse de me voir... elle me repousse avec mépris. martin. Zarah!.. ta femme?..

riccardo. Ah! ne dis plus ce mot-là.

martin. Comment alors es-tu ici?

riccardo. Sa tante m’a écrit la lettre la plus méprisante, la plus injurieuse, pour me dira que ce mariage était nul... ({ue la famille en demandait la rupture, ot qu’elle m'attendrait, moi et mes gens de loi... Je suis venu seul, sans un ami, sans un conseil.

martin. Je serai le lien... je te défendrai. riccardo C’est inutile... je ne venais pas pour me défendre, mais pour la voir... la voir encore une fois... et puisqu’il faut renoncer & celte dernière espérance, je suis à toi, Je t’appartiens!

martin. Tu es donc bien décidé à m'obéir? riccardo. Oui.

martin. A me suivre partout où j’irai?

riccardo. Je le jure !

martin. C’est qu’il y a à parier que j’irai me faire tuer. niccARDO. Tant mieux! c’est ce que je veux... Dispose i de mes jours, je te les donne.

martin, lui frappant sur l'épaule. Et moi, mon brave, '

je te promets d’en faire un noble ot généreux usage... !

Prends ces papiers... garde-les précieusement, et, quoi j qu’il arrive, ne démens rien de ce qui s’y trouve écrit. riccardo. Je te le promets, dût-il m'en coûter la tète. martin. C’est ce qui pourra bien arriver, ainsi qu’à la mienne, qui du reste est déjà promise, pour aujourd’hui, au scigueur gouverneur. Mais n’importe, je comprends que tu dois avoir envie de quitter enfin la guitare. riccardo. De la briser!

martin. Eli bien! c'est l’instant d’obéir à ton père, c’est l’instant de reprendre l'épée du soldat, non pour nos op-

pre®eurs, mais contre eux!

riccardo. .Commando, je suis prêt; je ne demande qu’une grâce, c’est qu’avant ma mort, ou après, je sois justifié aux yeux de Zarah!.. qu’elle sache du moins que je ne l’ai pas trompée.

martin. Elle le saura, je le le promets... Voici ces dames.

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