‹ Å’uvres illustréesChapitre 112 sur 1154 · HENRIETTE, BÉNÉDICT · texte numérisé non relu

HENRIETTE, BÉNÉDICT

Henriette, entrant avec joie. Cette permission du roi, que vient de me remettre ma tante, c’est donc vrai!., il n’y a donc plus d’obstacle!..

bénédict, à part. Si je pouvais m’en allqr sans être vu! (Il heurte un fauteuil.)

Henriette, se retournant et l’apercevant. Bénédict!! ’ DUO.

bénédict, timidement.

Oui... c’est moi qui viens ici,

Madame l’ambassadrice,

Offrir pour mon bénéfice Une loge que voici.

HENRIETTE

Ah ! si je puis aujourd'hui Vous servir de protectrice,

Je rends grâce au sort propice,

Qui m’offre un ancien ami.

BÉNÉDICT

De cet ami, malgré votre opulence,

Le nom n’est donc pas effacé?

L'AMBASSADRICE

Type de Fortunalus le directeur.

HENRIETTE

Ah! daus ces lieux, votre seule présence Me rend tout mon bonheur passé!

ENSEMBLE

De l’aurore de notre vie Comment perdre les souvenirs?

Je le sens, jamais oiyVoublie Premiers chagrins, /premiers plaisirs

Je vois encor l’humble mansarde Où nous répétions tous les deux !

BÉNÉDICT

Où parfois, sans y prendre garde,

HENRIETTE

Nous chantions faux à qui mieux mieux!

Et cette sérénade Que me donnait un camarade?

BÉNÉDICT

Quoi ! vous n’avez rien oublié?

HENRIETTE

Non, non, je n’ai rien oublié ,

Ni les succès, ni l’amitié.

ENSEMBLE

De l’aurore de notre vie

Comment perdre les souvenirs?

Je le sens, jamais on n’oublie Premiers chagrins, premiers plaisirs !

Henriette, gaiement.

Et puis, comme aux moindres caprices

BÉNÉDICT

On était vite à vos genoux ! r

HENRIETTE

Et puis le soir dans les coulisses...

BÉNÉDICT

Joyeux propos et billets doux.

HENRIETTE

Sans or et sans richesse aucune...

BÉNÉDICT

Toujours gais et de bonne humeur 1

HENRIETTE

Tout en attendant la fortune... -

BÉNÉDICT

On avait déjà le bonheur !

ENSEMBLE

Ah! le bon temps!

Quels doux instants!

Ah ! qu’on est bien Quand on n’a rien !

L'AMBASSADRICE

lh duc. Henriette, que faites-vous? — Acte 3, scène 5.

De votre nom retentissait...

C’est vous. . c’est vous qu’on demandait!

C'est vrai!., c’est vrai!

BÉNÉDICT

Devant le public idolâtre, C’est moi... moi qui sur le théâtre (Lui prenant la main.)

Vous ramenais ainsi... je tenais votre main Que dans mon transport soudain Malgré moi je serrais .. ainsi!

Henriette, retirant sa main.

Ah! pardon, j’oubliais qu’aujourd’hui...

(. Reprise de la première phrase du duo.) Aujourd’hui, je viens ici,

Madame l’ambassadrice.

Offrir pour mon bénéfice,

La loge que voici...

ENSEMBLE

bénédict, la lui donnant.

La voici,. la voici...

Henriette, avec émotion et prenant le coupon de locje. Merci, Bénédict, merci!

Ah! Fheureux temps que celui-là!

Toujours mon coeur s’en souviendra !

bénédict.

D’abord comme la salle entière...

HENRIETTE

En silence nous écoulait!

bénédict.

Et quand s’élançait du parterre...

HENRIETTE

Un bravo qui nous enivrait !

BÉNÉDICT

Et lorsque plenvaient sur la scène

HENRIETTE

Les bouquets aux mille couleurs.

BÉNÉDICT

Ah ! ces jours-là vous étiez reine...

HENRIETTE

Avec ma couronne de fleurs !

ENSEMBLE

Ah ! le bon temps !

Quels doux instants ! etc.

BÉNÉDICT

Et vous rappelez-vous encore?..

A peine le rideau tombait,

L’éclio de la salle sonore,

LAC. NY. — Imprimerie de Yialat el Cie. — l\’° 11.

L’AMBASSADRICE

Ainsi donc, Bénédict... vous avez un bénéfice?.. bénédict. Oui, Madame... qu'on me devait depuis longtemps... depuis Vienne.

Henriette. Où vous avez eu de grands succès?

BÉNÉDicT. A ce qu’ils disent... et alors M. Fortunatus a doublé mes appointements.

Henriette. Ah! tant mieux! vous êtes donc heureux? bénédict. Non, Madame... mais je suis riche. HENiUETTE. Et nos anciens amis, et Charlotte? bénédict. Ah! celle-là elle est au pinacle!., elle a en, à. Vienne, un succès de rage!.. Tons les soirs, des vers... desbouquets etdes bravos... tous les journaux retentissaient de ses éloges... il n’était question que d’elle... comme de vous autrefois!

Henriette. Oh! moi... l'on n’en parle plus! bénédict. C’est ce que je me disais : C’est étonnaht... on ne parle donc pas des duchesses ! tandis que Charlotte la cantatrice... et puis... ce n’est rien encore... Là-bas, A Vienne, elle avait tourné toutes les tètes... c'était a qui ! lui ferait la cour... M. le duc, votre mari, a dû vous le | dire.

Henriette. Non, vraiment, il ne m’a rien dit. bénédict. Ah!., c’est différent!., tous les grands seigneurs étaient à ses pieds. . Ces nobles d’Allemagne, si ! fiers et si hautains, se disputaient à qui serait reçu chez elle... à qui l’entourerait de soins el d’hommages... Enlin, tout comme vous... dans votre temps... avant voire bonheur.

Henriette, àpart. Oui, vraiment.

bénédict. Mais vous avez un si bel emploi maintenant... je veux dire un si bel état! Et puis, tant d’éclat... tant d’estime... tant de considération surtout.

Henriette. Silence!., c’est la sœur de mon mari.

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