‹ Å’uvres illustréesChapitre 113 sur 1154 · BÉNÉDICT, HENRIETTE, LA COMTESSE · texte numérisé non relu

BÉNÉDICT, HENRIETTE, LA COMTESSE

la comtesse, s’avançant gravement près d'Henriette. Mademoiselle... vous savez que le roi, par une faiblesse que le respect m’empêche de qualifier, a consenti à approuver une union...

Henriette. J’ai lu la lettre de Sa Majesté.

la comtesse. Ou plutôt une mésalliance dont, pour l’honneur de la famille nous sommes tous indignés?

Henriette. Madame... ( Montrant Bénédict.) 11 y a ici un étranger...

la comtesse. Ce que je dis... je le dirais devant tout le monde... J’avais déclaré à mon frère qu’aucun pouvoir ne me forcerait à vous reconnaître, et je parlais au nom de tous nos parents... qui viennent de protester.

Henriette, à. part. Qu’entends-je? ah! quelle humiliation! ( Regardant Bénédict.) et devant lui encore!

la comtesse. Mais, vaincue par les prières et les supplications de M. le duc, qui, après tout, est le chef de la famille, je lui ai promis de venir vous trouver, et voici les concessions que je puis me permettre... Je ne m’oppose plus à ce mariage, puisqu’il n’y a pas moyen de faire autrement... je consens même à vous voir ici, chez mon frère... ou chez moi, le matin... le matin seulement.

bénédict. Eh bien! par exemple!..

Henriette, lui faisant signe de se faire. Bénédict...

la comtesse. C’est vous dire assez que le soir, en public, et à l’Opéra, il n’est pas convenable que l’on nous voie ensemble... Voici deux loges que le signor Fortuuatus vient d’envoyer... vous êtes ici chez vous... choisissez.

Henriette, défaisant une des enveloppes. Le choix sera facile... la belle loge àla grande dame... l’autre àl’humble artiste.

bénédict. L’humble artiste!., elle qui, à Munich, était respectée et honorée... elle!., que les grandes clamés étaient trop heureuses d’avoir dans leurs salons.

Henriette, voulant V arrêter . Silence!

bénédict. Elle à qui le roi lui-même est venu faire des compliments, après une pièce nouvelle!

la comtesse, le toisant de la tète aux pieds. Quel est cet homme?

bénédict, avec fierté. Bénédict, premier ténor... la comtesse. Un chanteur ici!., sortez!..

Henriette. Bénédict, restez. (.4 la comtesse.) Madame, par égard pour M. le duc de Valberg, que j’aime, et dont je suis tendrement aimée, j’ai dû consentir à cacher la véritéà tout lé monde, et à vous-même, jusqu’à l’adhésion du prince à notre mariage; mais maintenant que je n’ai plus de ménagements à garder, je puis avouer avec orgueil ce que j’étais quand votre frère m’a offert sa main. bénédict. Très-bien!

Henriette, avec hauteur. Quant aux discours que je viens d’entendre, je ne les supporterai pas davantage... je suis duclieSse de Valberg, Madame, femme de l’ambassadeur, votre frère, et je prouverai que je suis digne de mon titre et de mon rang en ne souffrant plus qu’on les oublie devant moi.

la comtesse. C’est d'une audace !

Henriette, lui faisant une révérence. Je ne vous retiens plus. Madame. (La comtesse sort en faisant un signe de Colère.)

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