SCENE VI
PEPITO, seul. Ah ! ce n’est pas le temps que je crains de perdre!.. (Se frottant la tête.) c’est autre chose... Mais elle a raison... hâtons-nous, sans raisonner et sans réfléchir... car si on réfléchissait... ( Regardant sur la table à gauche le papier et le crayon laissés par le prisonnier qui dessinait.) Ah! ce crayon du prisonnier qui dessinait. ( Ecrivant en tremblant.) «Un ami inconnu...» (Parlant.) Inconnu!., c’est adroit... J’aime mieux que lui-même ne sache pas quel est son sauveur... Si ça tournait mal, il ne pourrait rien dire. ..‘Quitte à se faire connaître plus tard... si ça tourne bien... (Achevant d’écrire.) « Expose pour vous ses jours... Ce soir, à huit « heures, tenez-vous prêt... Si vous êtes décidé... mettez, « pendant la promenade du déjeuner, votre réponse der- « rière la petite statue de pierre. » (Il roule le papier autour du crayon et le jette entre les barreaux qui sont au-dessus du «° 1.) Je lui jette ce crayon... pour qu’il puisse me répondre... (Poussant un cri d’effroi en entendant encore sonner la cloche.) Ah! non., c’est le second coup... Cette cloche-là me fera mourir .. et d’ici à ce soir. Dieu sait ce qui peut arriver... Ce n’est pas vivre que d’être d’un complot... (Bruit au dehors.) et si c’était à recommencer... Et mes prisonniers que j’oublie... (Il va ouvrir la porte du corridor à gauche, puis celle à droite. — Ascanio et plusieurs prisonniers entrent en scène.)
CHŒUR
Air : Des jours de la jeunesse. (Part do Diable.) Profitons de la vie.
Sans croire au lendemain.
Au présent je me fie.
Car lui seul est certain!
(Pendant ce chœur, Ascanio et les prisonniers s’asseyent autour de différentes tables. Des valets de la prison apportent des tasses et du pain qu’ils placent sur les tables. Parait, par la porte à droite, Gianina tenant à la main une grande cafetière et un pot au lait. C'est quand tout le monde est placé que Pepito va, en tremblant, ouvrir la porte n° I.)