‹ Å’uvres illustréesChapitre 1143 sur 1154 · REBECCA, ASCANIO, FÉDÉRIC · texte numérisé non relu

REBECCA, ASCANIO, FÉDÉRIC

ascanio, courant à Fédéric. Ah ! mon ami, je ne sais comment vous remercier, car je sors du palais Farnèse, où Ton m’a remis ce paquet pour vous et pour madame la marquise. (Le présentant à Rebecca.)

rebecca, prenant le paquet. Les armes du Saint- Siège!.. (Décachetant le paquet dont elle jette l'enveloppe sur le guéridon à gauche, et lisant.) « D'après « l’arrêt de ce jour, rendu par le Chapitre suprême et le « cardinal-légat... »

ascanio. Oui vraiment... lisez!..

REBECGA,

rebecca, parcourant quelques lignes à voix basse. « Slariage entre un catholique et une juive, annulé et « rompu à tout jamais ! »

ascanio, avec joie. A jamais!

rebecca, se frottant les yeux. Je me trompe, sans doute!..

ascanio, de même. Non, non, lisez...

rebecca, parcourant encore le parchemin. « Sur la « demande de M. le marquis de Palavicini... » ( S'appuyant sur le guéridon à gauche , où elle pose le par chemin.) Ah! c’est vous... monsieur le marquis, vous qui avez demandé?..

FEDÉnic. Oui, Madame, c’est moi !

ascanio. Noble et généreux ami, qui hier n’avait contracté ce mariage que pour vous laisser, après lui, un titre et un nom nécessaires à notre bonheur...

rebecca, avec la plus grande émotion. Quoi! ce n’était point par amour!..

ascanio, vivement. Rassurez-vous ! il n’y pensait même pas... Il vous connaissait à peine, et, fidèle à sa parole, il s’est empressé de rompre des nœuds à tous les deux pénibles...

rebecca, à part, avec désespoir, et tombant assise près du guéridon. Ah !.

ascanio. Et, libre maintenant, rien ne vous empêche de donner votre main à celui que vous aimez ! i rebecca, avec fierté et se relevant. Mais je n'aime i personne, Monsieur, et ne vous ai jamais aimé! ascanio et féoeric. Qu’enlends-je!

rebecca. Et je vous demanderai maintenant, moi, r pauvre fille que tout le monde abandonne, et qui n’ai plus d’autre bien que mon honneur, qui a pu vous autoriser à vous introduire ce matin dans un appartement qui était alors le mien?., et de quel droit...

ascanio. Du droit que vous m’aviez donné vous-même, en acceptant autrefois le mariage secret que je vous proposais, et, s’il faut vous le rappeler, ce billet écrit de votre main...

rebecca regarde le papier et le lui rend, en lui disant froidement. Ce billet n’est pas de moi!.. Ce n’est pas là mon écriture !.. vous pouvez vous eu assurer... fedéric, étonné. Que ditesrvous?

rebecca, avec dignité. Quant à cet acte, qui sépare à jamais le chrétien de la juive, connaissant la manière I dont ce mariage s’est fait, c’est moi qui en aurais sollicité la rupture, si vous ne m’avipz prévenue!.. 11 me rend, grâce au ciel, ma liberté, et le premier usage que j’en veux faire est de sortir de ce palais où je n’ai plus le droit de rester!.. Veuillez faire avertir mon père!

i Air : Pour moi, pour mon père. (Diamants de la Codronne. — Trio du 3e acte.)

ensemble, v

rebecca, à part.

O honte nouvelle Que tout me révèle !

Fortune cruelle Qui viens m’abuser!

(Haut.)

Le nœud qui nous lie Pesait sur ma vie,

Et ma seule envie Est de le briser!

FÉDÉRIC

Je rêvais pour elle Chaîne douce et belle;

Une erreur nouvelle i Vient nous abuser!

Le nœud qui nous lie Pesait sur sa vie, j Et sa seule envie

Est de le briser!

ASCANIO

Dédaigné par elle,

O sort infidèle!

Fortune cruelle Qui viens m’abuser !

Bonheur que j’envie.

Bonheur de ma vie,

Ta main ennemie Vient de le briser!

ascanio. Ce billet n’est pas d’elle!., et de qui donc vient-il? Ah! vous aviez deviné hier, c’est mon gouverneur qui, pour m’attirer dans le piège... Je cours lui faire tout avouer... ou l’assommer!

ENSEMBLE

REBECCA

O honte nouvelle Que tout me révèle!

For(une cruelle

Qui viens m’abuser, etc.

FÉDÉRIC

Je rêvais pour elle Chaîne douce et belle ;

Une erreur cruelle Vient nous abuser, etc.

ASCANIO

Dédaigné par elle,

O sort infidèle !

Fortune cruelle

Qui viens m’abuser, etc.

(Rebecca sort par la porte à gauche et Ascanio parcelle du fond.)

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